1 035 signalements de cas d’atteinte aux droits des enfants ont été recensés durant les cinq premier mois de l’année en cours, via le numéro vert 1111 de l’Organe national de la protection et de la promotion de l’enfance, selon la déléguée nationale de la promotion et de la protection de l’enfance, Mme Meriem Cherfi.

« L’Organe a reçu 600 signalements de cas d’atteinte aux droits de 1 035 enfants, dont 611 garçons et 424 filles, durant les cinq premiers mois de l’année en cours», a indiqué Mme Cherfi, en précisant qu’ «un seul signalement a concerné parfois un groupe d’enfants». Concernant la répartition par tranches d’âge,
Mme Cherfi a fait savoir que «284 enfants sont âgés de moins de 6 ans, 532 autres, âgés entre 7 et 13 ans et 219 enfants entre 14 et 18 ans», en indiquant que «ces signalements émanant de citoyens, voire d’enfants eux-mêmes, ont trait, entre autres, à la maltraitance, la violence, l’exploitation des enfants à des fins économiques ou dans la mendicité». Sur un total de 442 600 appels recensés sur son numéro vert durant la même période, nombre de signalements d’atteintes aux droits des enfant compris,
Mme Cherfi a indiqué que la majorité de ces appels sont des demandes d’orientation et des préoccupations liées à l’enfance ou aux missions de Onppe.
Evoquant les dispositions relatives aux mécanismes de signalements mis en place par l’Onppe, dont le numéro vert 1111, une cellule d’écoute et une adresse email, Mme Cherfi a annoncé qu’elle oeuvrait de concert avec les secteurs concernés à la concrétisation d’une nouvelle application mobile dans le cadre du renforcement des mécanismes de signalement et la simplification des mesures de protection de l’enfant. L’Organe s’attèle, en collaboration avec les administrations et les instances concernées, à la mise en place d’un système informatique national intégré sur la situation de l’enfance, a-t-elle encore ajouté, précisant que ce système, qui devrait être prêt durant le deuxième semestre de l’année en cours, offrira en plus de données juridiques, quelques indicateurs sur cette catégorie en matière notamment de santé et d’éducation.
De son côté, le réseau algérien pour la défense des droits de l’enfant a annoncé avoir reçu 16 524 appels sur son numéro vert 3 033 et cela sur une période d’une année. Sur ce nombre total, 1 243 cas de divorce et conflits familiaux ont été recensés dont 987 cas qui ont été accompagnés par le réseau Nada, 1 110 de maltraitance psychique et physique dont 856 cas accompagnés, 976 cas de demande d’inscription d’adolescents à des centres de formation professionnelle dont 287 cas traités.
Pour ce qui est de l’exploitation des enfants, notamment a travers la mendicité, Nada a indiqué avoir reçu 342 signalements dont 95 cas pris en charge par le réseau. Pour les cas de violence 721 cas ont été signalés, 36 cas ont été accompagnés par le réseau. Nada a aussi indiqué que 32 cas d’inceste ont été signalés à leur niveau dont 18 cas traités. S’agissant de la violence en milieu scolaire, 234 cas ont été signalés dont 102 pris en charge par Nada. Malgré les efforts entrepris par différents acteurs de la société civile et de l’Etat pour la protection de l’enfant, il reste beaucoup à faire, a indiqué Abderrahmane Arrar, président de Nada. Dans ce sens, il a appelé à la révision de la loi relative à la protection de l’enfance 12/15 notamment en ce qui concerne la protection sociale et juridique de l’enfant ainsi que la révision de l’article 49 du code pénal pour ce qui est de la responsabilité pénale de l’enfant en la faisant passer de 10 à 13 ans. Nada a aussi demandé l’octroi automatique d’un numéro de sécurité sociale pour chaque enfant qui naît et cela sans que les autorités ne prennent en considération sa situation. Aussi, Nada a souligné l’urgence de mettre en place la stratégie nationale tracée pour la petite enfance avec renforcement de l’arsenal juridique relatif aux établissements chargés de cette catégorie (maternelles). Tout en insistant sur l’importance de l’amélioration du pouvoir d’achat des familles à faibles revenus, Nada a demandé de revoir à la hausse le montant des allocations familiales et la fixant à 3 000 DA par enfant.