Au Moyen-Orient les trois initiales les plus connues sont celles d’un saoudien : MBS pour Mohamed Ben Salman. Présenté comme l’homme fort du monde arabe, le prince héritier du royaume wahhabite ne serait que le plus médiatisé. C’est l’avis du The New York Times. Dans son édition de ce dimanche, le quotidien américain donne trois autres initiales de celui qui est tapi dans l’ombre : MBZ pour Mohamed Ben Zayed, un autre prince hériter, celui d’Abou Dhabi. La puissance de cet homme de 58 ans dépasse amplement celle de MBS. Ce dernier ne s’est retrouvé au devant de la scène (ministre de la défense en 2015, et deux ans après Prince hériter) qu’après un forcing de MBZ, auprès de la famille royale saoudienne, et des mentors américains ( (photo en haut: MBS, à droite, reçu à Abou Dhabi, l’année dernière, par MBZ) . Il faut néanmoins préciser que le pouvoir de persuasion de Mohamed Ben Zayed ne pèse pas moins de 1 300 milliards de dollars (valeur des fonds souverains émiratis totalement contrôlé par ce souverain de facto). Une cagnotte à laquelle il faut ajouter des forces armées présentes dans plusieurs pays.

Capture écran de l’article du NYT
Capture écran de la page d’accueil du site du NYT

Les forces spéciales de ce royaume sont incorporées dans la coalition qui agresse le Yémen depuis 2015. On les retrouve également en Somalie, au Sinaï(Egypte) et son aviation est l’appui principal du Général Haftar en Libye. Une puissance de feu qui se veut comme une manière d’affirmer son détachement du profil de vassal des États-Unis.
L’auteur de l’article est formel, MBZ depuis quelques années déjà n’a plus le statut d’un subalterne des américains. Va-t-en-guerre, le prince héritier ne demande plus d’autorisation de la Maison Blanche pour assouvir ses desseins militaires, mais la décision lui revient avant tout. Sa puissance est devenue encore plus forte avec l’arrivée de Donald Trump. Mohamed Ben Zayed a reçu carte blanche du président américain et ce qui se passe sur le terrain e confirme. Mieux encore, l’auteur de l’article affirme que les menaces américaines d’attaques contre l’Iran sont essentiellement le résultat d’un lobbying puissant des émiratis, appuyé, évidemment, par un autre puissant lobby à Washington, celui de l’entité sioniste.

Une politique autour de laquelle les EAU (Emirats Arabes Unis) veulent impliquer le maximum de pays. Le triple sommet (de la ligue arabe, du Conseil de coopération du Golfe, et de l’Organisation de la coopération islamique)  de la Mecque, qui vient de se terminer (il s’est déroulé du 30 mai au 1 juin) était une démonstration de force des émiratis et de leurs alliés saoudiens. La «convocation » de plusieurs chefs d’Etats, et Premiers ministres, avait pour objectif de faire accepter aux participants la principale feuille de route des organisateurs : faire front unis contre l’Iran. Pourtant, même si elles n’étaient que formelles, les précédents sommets de ce genre avaient tous un objectif principal, le soutien de la cause palestinienne. Les temps ont changé, les combats aussi.
Toutefois, il s’avère que les réunions à la Mecque avaient un autre sujet, bien moins médiatisé. Des sources médiatiques affirment que les les mouvements de contestation déclenchés au Soudan et en Algérie étaient également au centre des débats. L’heure est à la peur de la contamination, à la contre-révolution…

@SalimKoudil

19h19 (20): VAR