Comme à son accoutumée, la conteuse Mina Belmihoub a charmé et transporté avec sa douce voix, le public de l’Institut Cervantes d’Alger, jeudi dernier, venu écouter ses contes et (re)découvrir ses talents de conteuse, et ce, lors d’une soirée dédiée à cet art organisée à la salle des actes dans le cadre des Nuits du Ramadhan qu’organise l’Institut et l’Ambassade d’Espagne en Algérie.

Au programme de cette soirée ramadhanesque deux contes, à savoir «Chabha et la robe magique» et «La naïveté et la malice». «Pour le premier, je me suis inspirée du patrimoine algérien. J’ai changé des détails, j’en ai rajouté d’autres. Au départ, il était trop long, donc j’ai apporté des modifications, car il faut capter le spectateur. Quant au second, c’est un conte du patrimoine et je trouve qu’il est d’actualité d’où le choix de le raconter ce soir», a confié la conteuse. Avant d’entrer dans le vif du sujet, à savoir le conte, Mina Belmihoub déclame une courte poésie, un interlude qui revient sur le conte, son importance et la manière dont «il nourrit l’imaginaire et l’imagination». Vêtue d’un karakou, la conteuse a raconté, face à une assistance attentive, la première histoire, celle d’une princesse, Chabha, qui n’a pour seul souci et unique occupation que son confort et sa beauté. Cela ne l’empêche pas d’aimer son père et son fiancé, le vaillant Othmane. Mais un jour, en se rendant à une fête magnifiquement parée, elle s’évanouit sans raison aucune. Son fiancé ira par monts et par vaux en quête du remède qui guérira sa dulcinée. Une histoire pleine de péripéties et d’aventures, avec la moralité suivant : «La modestie est une grande qualité». Après un entracte consistant en une déclamation de vers, en arabe dialectal, sur l’Algérie, le public appréciera le conte intitulé «La naïveté et la malice». C’est l’histoire de deux amies (Naïveté et Malice) qui partent en pèlerinage. Malice –par égoïsme et méchanceté– a tout fait pour se débarrasser de son amie quitte à la rendre aveugle et à l’abandonner au milieu d’une forêt… Une autre histoire avec des rebondissements, un joyeux dénouement et, bien sûr, une moralité encore : «la bonne intention finit par payer !», ou comme on le dit si bien dans notre dardja «moul enniya yeghleb». Lors de cette soirée, les enfants n’étaient pas en reste. La conteuse ne les a pas oubliés. Elle a préparé pour eux une histoire, celle de Karim l’orphelin qui vivait seul dans un jardin sous un arbre. Un beau jour, ce dernier lui adressa la parole et lui conta sa tragédie. En outre, et pour rester dans l’esprit et la tradition du Ramadhan, Mina Belmihoub n’a pu passer outre le traditionnel el «fel» ou «bouqala» au grand bonheur des présents qui s’y sont prêtés au jeu en nouant qui un foulard, qui un mouchoir, qui un pan de sa chemise. Elle a également offert un dernier conte relatant l’histoire d’un vaillant sultan et de sa belle dulcinée. Sorcellerie, amour, aventures… Autant d’éléments qui instillent de la magie et captivent, réveillant ainsi l’enfant qui sommeille en chacun de nous. Une magie sublimée par la douce voix d’une conteuse qui manie le verbe avec talent.n