Dans le cadre de la préparation de la conférence nationale de la société civile, les trois pôles initiateurs de cette action, à savoir le collectif de la société civile algérienne pour une transition démocratique et pacifique, les syndicats et le forum civil national, se réuniront aujourd’hui à Alger afin de fixer la date de la conférence et peaufiner leurs propositions de sortie de crise.

Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (Snpssp), a indiqué qu’il s’agit d’une « réunion de concertation entre acteurs représentatifs de la société civile qui a pour objectif de réfléchir aux moyens et propositions de sortie de crise », a-t-il dit, en soulignant que cette optique « s’inscrit parfaitement dans la nouvelle approche de l’institution militaire qui a appelé au dialogue ».
En effet, pour ce qui est du dernier discours du chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah, durant lequel il a ouvert les portes du dialogue, Lyes Merabet a salué l’initiative tout en émettant certaines réserves concernant la situation politique actuelle.
« Il faut toujours saluer toute initiative qui prône le dialogue et la concertation dans les situations conflictuelles à caractère politique, social ou même militaire, qui ne peuvent être résolues qu’autour d’une table », a-t-il dit. Néanmoins, il a affirmé avoir certaines appréhensions quant au bon déroulement du tant attendu dialogue.
« Nous ne sommes pas de ceux qui donnent un chèque à blanc à l’institution militaire. Dans notre premier communiqué, qui date du 18 mai 2019, nous avons appelé à un dialogue ouvert et direct avec l’institution militaire, et je pense que nous sommes sur la bonne voie bien qu’il y ait des appréhensions de notre part et des situations sur lesquelles l’Armée doit s’expliquer », a-t-il affirmé, en rejetant catégoriquement toute tentative de cadrer le dialogue par l’Armée. « Nous ne voulons pas un dialogue déjà cadré et fermé sur une quelconque direction. L’institution militaire doit jouer un rôle facilitateur et mettre en place toutes les conditions pour assurer le dialogue.
Ces conditions sont le départ du gouvernement et le statut de chef de l’Etat de Bensalah. Il ne faut pas oublier que l’ensemble des citoyens sont contre ces deux données et on ne peut envisager un dialogue dans cette configuration, car il sera voué à l’échec. Accepter cela, c’est revenir en arrière et être en contradiction avec les valeurs du mouvement populaire et les revendications du peuple », a estimé le syndicaliste.
Finalisation d’un projet consensuel pour une sortie de crise
Concernant la conférence nationale de la société civile, Lyes Merabet a indiqué qu’elle aura lieu dans les plus brefs délais, une fois le projet de sortie de crise finalisé, chose qui est prévue pour aujourd’hui. « Nous sommes actuellement en train de finaliser un projet consensuel pour une sortie de crise et nous avons considérablement avancé en matière de propositions. Nous sommes à la phase de synthèse. Je pense que la date de la conférence nationale sera fixée aujourd’hui », a-t-il indiqué. S’agissant de la question des détenus d’opinion, qui a violement resurgi à la surface suite au décès du militant Kamel Eddine Fekhar en détention provisoire, notre interlocuteur a fortement dénoncé cette grave atteinte aux libertés individuelles, en soulignant que cette problématique bénéficie de la plus grande attention des acteurs de la société civile. « La problématique des détenus d’opinion a été abordée dès notre première réunion et elle est au cœur de nos préoccupations. Nous dénonçons toutes ces mesures liberticides et les contraintes que vivent les parties politiques, syndicats et associations au quotidien. On ne peut que condamner, car dans une démocratie ou un pays où les droits de l’homme sont censés être préservés, on ne meurt pas pour ses idées », a-t-il conclu.<