Un nouveau plan de circulation automobile est en phase d’être adopté à Annaba. Ce plan, apprend-on auprès de la direction du transport, a été élaboré par le Bureau d’études des transports urbains (Betur), filiale de l’Entreprise Métro d’Alger (EMA).

Cette étude prévoit une application progressive et graduelle du nouveau plan de circulation s’étalant sur cinq ans. Des mesures à court, moyen et long termes sont donc prévues afin de fluidifier la circulation automobile dans cette ville.
Réduire le transit des véhicules par le centre-ville
C’est le scénario radio-centrique qui a été retenu pour la perle de l’Est, puisque les quartiers de la ville s’organisent en cercles concentriques, du centre-ville à la périphérie. Selon l’étude effectuée, il est essentiel de projeter un contournement de la ville sur 18 kilomètres et y rattacher les principaux axes et pénétrantes d’Annaba, telles que les rues Colonel-Amirouche, Bicha-Youcef et les boulevards d’Afrique et Seddik-Benyahia. Le contournement extérieur de la ville devrait s’étendre de la gare routière Mohamed-Mounib-Sandid, jusqu’à la plage d’Aïn Achir et épousera les pieds des montagnes de l’Edough. Ces axes et pénétrantes devraient être prolongés afin de pouvoir être rattachés au contournement extérieur.

Réorganisation des points noirs de la ville
Cette même étude prévoit la réorganisation des points noirs de la ville en termes de circulation automobile. Vingt-cinq carrefours devraient subir des traitements lourds ou légers. Certains de ces points noirs devraient simplement bénéficier de feux tricolores et de plaques de signalisations, d’autres devraient subir des élargissements de voies et des rétrécissements de trottoirs. D’autres devraient subir des modifications plus importantes, telles que la réalisation de passages supérieurs ou inférieurs. A titre d’exemple, l’étude a prévu un autopont près du centre hospitalo-universitaire et une trémie au niveau du rond-point de la cité Beni M’Hafer.

Lutter contre le stationnement anarchique
Et comme on ne peut parler de fluidification de la circulation sans passer par les problèmes de stationnement, l’étude prévoit une augmentation du nombre de parkings à étages et en surface. Selon celle-ci, la ville doit impérativement se doter d’au moins deux nouveaux parkings à étages et d’augmenter la capacité d’un autre déjà existant. Ainsi, Betur conseille de réaliser un parking à étages au niveau de la gare ferroviaire, un autre près de la station de bus Kouche-Noureddine, ainsi que de tripler la capacité actuelle du parking Stambouli. Un autre garage en surface est aussi prévu. Ces quatre projets devraient donc augmenter la capacité actuelle de stationnements de la ville de près de 3 500 places. Dans les rues où le stationnement est autorisé, Betur prévoit de favoriser le stationnement de courte durée, en installant des horodateurs. Un système qui, selon la même source, aurait fait ses preuves et démontré son efficacité à Alger-centre. Pour finir, des places de stationnement seront aménagées hors voieries, sur les trottoirs d’une largeur suffisante.

Revoir la signalisation
Les plaques de signalisation et les feux tricolores sont des moyens efficaces pour réguler la circulation automobile. Mais pour cela, ils doivent être placés aux bons endroits. L’étude a révélé que les rues d’Annaba étaient jusque-là mal signalées, et qu’il fallait absolument y remédier dans les plus brefs délais. Le nouveau plan de circulation prévoit donc une signalisation plus adaptée à la ville. L’élargissement de la mission de la société d’automatisation des feux de circulation algéro-espagnole, qui active à Alger, a été proposée par plusieurs walis afin d’inclure la ville d’Annaba dans ce programme intelligent qui se base sur le système de télésurveillance pour réguler la circulation automobile et la fluidifier. Mais cela ne semble pas être encore à l’ordre du jour. Civisme citoyen et lutte contre l’informel Le civisme des usagers de la route, qu’ils soient automobilistes ou piétons, et le respect des règlements de la circulation sont l’un des facteurs essentiels au bon fonctionnement du nouveau plan de circulation qui vient d’être adopté par la ville. De plus, la lutte contre le commerce informel, qui empoisonne le quotidien des usagers de la route, est un point fondamental dans la réussite du plan en question. Il est donc nécessaire que les autorités locales continuent leur lutte contre ce fléau qui est en phase d’être éradiqué dans la ville de Saint Augustin.

Des lacunes constatées
Quelques lacunes dues à la non-prise en considération des spécificités de la ville du jujube sont à relever. Annaba étant l’une des destinations touristiques privilégiées des Algériens, lors de la saison estivale, cela implique une forte hausse du trafic routier lors de cette période de l’année. La région nord de la ville est celle qui souffre le plus de cette situation. Il est à noter que les solutions prévues par le bureau d’études pour fluidifier la circulation automobile dans la ville n’ont rien prévu pour cette saison particulaire ! n