Après le sit-in observé la semaine dernière devant le siège du ministère de la Justice, les pharmaciens d’officine reviennent à la charge en recourant à une grève, aujourd’hui de 8h à midi, à travers les 48 wilayas, annonce le Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (Snapo), précisant que le service minimum sera toutefois assuré durant ce mouvement de débrayage. «Vu les dangers entre agressions et vols que subit le pharmacien durant la vente des médicaments psychotropes, et vu le vide juridique qui existe dans ce domaine, ce qui a coûté des peines de prison à beaucoup de nos confrères, nous sommes dans le regret d’informer nos malades que les pharmaciens privés ont décidé d’observer une grève, le 29 mai de 8h à 12h. Les citoyens sont invités à prendre leurs précautions et le service minimum sera assuré », fait savoir le Snapo dans un communiqué rendu public hier. Pour rappel, cette grève d’une demi-journée avait déjà été annoncée par le Snapo depuis quelques jours, lorsque ce syndicat avait appelé la corporation des pharmaciens d’officine à protester contre les actes de violence émanant de personnes dépendantes aux psychotropes, auxquelles ils se trouvent confrontés quotidiennement, mais aussi contre les poursuites judiciaires et les lourdes peines de prison qui ont frappé des pharmaciens ayant commercialisé des psychotropes sans avoir la possibilité de vérifier que
les ordonnances présentées par les clients étaient falsifiées. La grève d’aujourd’hui, qui ne manquera sans doute pas d’avoir un fort impact sur les malades, intervient suite à la réunion, sans avancée palpable, tenue entre le Snapo et des responsables du ministère de la Justice et celui de la Santé dans le but de débattre de la révision de la loi 04-18 relative à la prévention et à la répression de l’usage et du trafic illicites de stupéfiants et de substances psychotropes et, notamment, les articles 16 et 17 qui «ne parlent pas des pharmaciens comme des professionnels de la santé», regrette Mourad Chabounia, vice-président national du même syndicat. «La révision de cette loi permettra au pharmacien de bénéficier d’un statut qui lui permettra de réclamer la liste des psychotropes », souligne M. Chabounia. « Le 21 mai, nous avons également eu une autre réunion avec les services du ministère de la Santé durant laquelle nous avons demandé notamment la publication de la liste des psychotropes au Journal Officiel comme le stipule la réglementation en vigueur. Sauf que pour l’instant, nous n’avons eu droit qu’à des promesses, alors que notre appel de détresse est lancé depuis le 21 février », poursuit notre interlocuteur. «Face aux tergiversations de la tutelle, nous avons été obligés de passer à la grève dans l’espoir de convaincre de nos droits », explique-t-il , non sans prévenir que si les revendications des pharmaciens d’officine ne sont pas satisfaites, le Snapo tiendra une réunion de son Conseil national après les fêtes de l’Aïd El fitr pour étudier « la possibilité de durcir la contestation » et d’abandonner carrément la vente des médicaments psychotropes par les pharmaciens.<