Six films documentaires et un documentaire sonore réalisés par sept femmes, fruit d’un atelier de création de films documentaires (portant sur des questions liées à «la vie des femmes en Algérie»), organisé en novembre 2017 par le Collectif Cinéma et Mémoire et Kaïna Cinéma, seront projetés le 27 juin prochain à la Cinémathèque d’Alger.

Une projection publique aura lieu le 27 juin 2019, de 13h à 18h, à la Cinémathèque d’Alger, de «six films documentaires et un documentaire sonores [qui] ont été réalisés par sept femmes dans le cadre de l’atelier de création de films documentaires organisé par le Collectif Cinéma et Mémoire et Kaïna Cinéma et qui s’est tenu sous forme de résidences de création à Timimoun (Algérie)», a annoncé la réalisatrice et auteure Habiba Djahnine, qui a encadré cet atelier résidentiel, qui s’est tenu en novembre 2017, faisant suite à un appel à candidature lancé en juin de la même année. Cet atelier, ouvert aux débutantes et amatrices des métiers du cinéma (et aux femmes n’ayant jamais réalisé un film documentaire) a réuni des femmes résidant en Algérie et souhaitant apprendre à écrire et à réaliser un film documentaire. Il avait pour but «d’accompagner des projets de films autour de la vie des femmes en Algérie d’un point de vue social, politique, mémoriel, intime, etc.», indiquait Habiba Djahnine dans un communiqué de presse à l’occasion de l’organisation de l’atelier. Elle y ajoutait que «cet atelier répond[ait] à un besoin très fort exprimé en Algérie, surtout par les jeunes mais pas seulement. Beaucoup souhaitent apprendre à maîtriser le langage de l’image (esthétique et éthique) et de pouvoir élaborer une proposition de film». Sept films, fruit de cet atelier, seront projetés à Alger. Il s’agit du documentaire «Le Rideau» de Kahina Zina, qui «comprend dès l’enfance qu’elle est une condition, cependant elle en ignore les raisons» ; «Selon elle» de Kamila Ould Larbi, qui «face à sa mère qui repasse le linge, cherche des bribes de réponses à ses doutes quant à sa vie future et le chemin à emprunter» ; «Dis-moi Djamila, si je meurs, comment feras-tu ?» de Leïla Saâdna, qui interroge le mot-concept «El Ghorba» ; «Felfel Lahmar» de Gacem Saâdia, qui réfléchit sur la femme «prise entre le code de la famille et le code de [sa] famille» ; «Nnuba» de Sonia At Qasi-Kessi qui «traite de la Nnuba (à tour de rôle) –appellation donnée à une très vieille organisation sociale d’entraide féminine qui consiste à paître le bétail du village à tour de rôle–, pratique instaurée par les bergères d’un village de Bouzeguène, dans les hautes montagnes kabyles» ; «Les filles de la montagnarde» d’Awres Wiame, qui revient sur le vécu de Khedidja el Djeblia et du destin de ses filles ; et enfin le documentaire sonore «Mon peuple, les femmes» de Sara, qui interroge «les cheminements féministes et les possibilités de construire une lutte collective». Par ailleurs, il y a lieu de mentionner que cet atelier n’a pas concerné uniquement la phase résidentielle de Timimoun, puisque la formation, originale par son idée mais aussi par sa gratuité, comprenait l’accompagnement des projets «de l’idée à la réalisation puis à la diffusion des films», cette dernière étape aura ainsi lieu le mois prochain.