Une nouvelle initiative de « redressement » est née au FLN. Elle est portée par d’anciens membres du Comité central (CC) du parti et ses initiateurs appellent au lancement d’un mouvement pour le « réunifier » et en finir avec «l’illégitimité de son leadership depuis 2012».

Une nouvelle tentative, donc, pour remettre le « Front » sur les rails, selon une expression déjà utilisée depuis des années par ceux parmi les cadres et militants qui se sont élevés contre les jeux de pouvoir à la tête du parti.
Cette fois, ce sont d’anciens députés comme Riadh Anane, Mohamed Yarfaâ et Mustapha Taibi, ainsi que des parlementaires encore en fonction, comme les députés Souad Lakhdari et Abdelaziz Kadhi, qui parlent de « sauver le parti » de la situation dans laquelle il se trouve actuellement. Dans un encart publicitaire publié par « El Khabar », ils affirment compter sur le sursaut de la base pour mettre un terme à la guéguerre des chefs.
Il s’agit, rappelons-le, de l’hostilité déclarée entre le nouveau secrétaire du FLN Ahmed Djemai et son frère ennemi le président de l’APN Mouad Bouchareb, qui était auparavant au poste de «coordinateur» des instances du parti en vue d’un congrès extraordinaire, une échéance aujourd’hui enterrée. Le premier voulant destituer le second du perchoir de l’APN, des affrontements nouveaux ont éclaté au sein de la formation déjà fortement ébranlée par le Hirak et la demande populaire pour le changement. Mouad Bouchareb, qui refuse d’abandonner la présidence de l’Assemblée populaire nationale, se targue d’avoir le soutien de 80 députés du parti et n’entend pas lâcher prise.
«Depuis 2012, le parti n’a pas connu de direction légitime. Et nous avons à maintes fois exprimé au sein des instances du parti notre rejet de ces dérives et l’aventurisme. Nous continuons toujours à militer malgré toutes les pressions et intimidations pour rendre le parti à sa base et à lui rendre sa place et sa crédibilité auprès du peuple», affirment les auteurs de l’initiative. Contactée par Reporters, Souad Lakhdari, députée FLN de Ouargla et signataire de l’appel, a affirmé que « tous les problèmes auxquels le parti fait face sont le résultat d’une illégitimité qui dure depuis 2012 », année du coup de force qui a obligé l’ancien secrétaire général Abdelaziz Belkhadem de céder son poste à Amar Saïdani. Elle ajoute que le « danger supplémentaire est que ce conflit et ces dissidences gagnent maintenant le Parlement et empêchent le parti de parler d’une seule voix ». La députée de Ouargla renvoie dos à dos MM. Djemai et Bouchareb et considère que
« l’illégitimité s’applique aussi au secrétaire général Mohamed Djemai ». « Nous avons été surpris de la façon avec laquelle le comité central a tenu ses travaux pour le mettre à la tête du FLN avec des membres qui n’avaient même plus leur carte. Cela est arrivé alors que nous étions en train de préparer un congrès extraordinaire pour élire un nouveau secrétaire général après le départ de Ould Abbès ». Mme Lakhdari informe qu’une conférence de presse sera bientôt tenue par les initiateurs de l’appel à l’unification pour « expliquer la nature des actions » qu’ils comptent mener. « Nous allons également demander la tenue d’un congrès extraordinaire du parti pour manifester notre refus du secrétariat général actuel ». « Notre mouvement existe depuis le début de l’année 2013, actuellement, il compte des milliers de partisans dans les 48 wilayas. Nous ne sommes pas contre les individus, mais seulement contre la façon avec laquelle certaines choses se font au sein du parti. »