Après 25 ans de fermeture pour des raisons sécuritaires, l’Office national de gestion et d’exploitation des biens culturels protégés (OGEBC) a rouvert, avant-hier soir, le majestueux mausolée royal de Maurétanie, surnommé le tombeau de la chrétienne.

La réouverture s’est faite lors d’une qaâda ramadhanesque, animée par l’orchestre de musique andalouse El Manara de Cherchell, qui a enchanté les nombreux présents à cette soirée. Les visiteurs du tombeau de la chrétienne, situé à de Sidi Rached à Tipasa, à une soixantaine de kilomètres d’Alger, n’ont pas hésité à faire le déplacement pour cette première visite guidée à l’intérieur du mausolée, pour vivre une aventure unique à la découverte de la chambre funéraire du mausolée. Les organisateurs ont estimé à ce propos que « plus de 600 personnes ont pu accéder au tombeau, accompagnées d’un guide touristique en l’espace de plus de deux heures. Nous nous attendions pas à un tel engouement pour la première journée », dira Nesroun Bouhil, chargé de communication à OGEBC. Nesroun Bouhil a révélé que OGEBC avait « étudié la possibilité de la ré-exploitation de l’enceinte et, dans ce cadre, nos archéologues ont examiné le mausolée et découvert qu’il était possible de le rouvrir au public après l’entretien et la préparation du lieu. L’appréciation et l’exploitation du patrimoine contribuent à valoriser ce monument historique. Nous organisons une visite guidée avec un guide, qui orientera les visiteurs durant vingt minutes, à l’intérieur, et leur expliquera les moindres détails de son histoire. » Il est à noter que le tarif pour assister à la soirée musicale est de 400 DA, tandis que celui de la visite guidée à l’intérieur du mausolée est de 500 DA. Le tombeau sera ouvert désormais au public. De son côté, le guide touristique Youcef Ben Saïdani, professeur à l’université de Tipasa, nous donnera une brève description sur ce monument classé patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco en 1982. « Ce tombeau, situé dans la commune de Sidi Rached, possède l’un des hauts plateaux qui sépare la côte de la mer à 261 mètres d’altitude. Ses dimensions sont immenses, son diamètre est de 84 mètres et sa hauteur de 32 mètres, il dispose de quatre portes de six mètres de haut, dont trois sont virtuelles et placées au nord, ouest, sud et est, ainsi que 60 colonnes ioniques entourant le sanctuaire », indiquera-t-il. Le guide ajoute que le monument a connu, en 1555, un sabotage du chef ottoman Salah Raïs, qui « voulait prendre les trésors qui se trouvaient dans ce sanctuaire. Il a bombardé l’enceinte avec un canon du côté est, ce qui a laissé des séquelles sur la bâtisse », précisera-t-il. Ajoutant : « Il n’y a aucune référence à l’histoire de la construction de ce sanctuaire, mais on trouve des manuscrits qui le datent de l’an 40, comme l’a indiqué l’écrivain latin Pomponius Mêla, qui a parlé du sanctuaire et qu’il appartient à la deuxième épouse de Yuba 2, qui est Cléopâtre Séléné, fille de la reine d’Egypte Cléopâtre. Mais il n’y a aucune preuve physique, puisque l’occupant français a tout pris. Il est donc difficile pour les chercheurs algériens de poursuivre leurs recherches. »<