Les cours du Brent, variété de brut référence pour l’Algérie, restaient vendredi sous la barre des 70 dollars, après une importante chute des prix du pétrole enregistrée au courant de la semaine qui s’achève. Le Brent était coté vendredi à 68,50 dollars le baril, en hausse de 64 cents par rapport à la séance de jeudi. Il convient de rappeler que durant cette période, le marché avait connu une forte baisse des prix, la plus importante depuis le début de l’année. Cette chute des prix est intervenue après la réaction des marchés aux chiffres de l’Agence américaine de l’information sur l’énergie (EIA), publiés mercredi. Cette dernière avait indiqué que les réserves de brut ont connu une hausse inattendue. Elles ont augmenté de 4,7 millions de barils pour s’établir à 476,8 millions de barils. Après une baisse des stocks au premier trimestre, les réserves mondiales ont augmenté de 50 à 60 millions de barils entre début avril et la mi-mai. L’EIA entend par réserves, les stocks de pétrole attendant leur commercialisation. «Les prix se sont écroulés comme château de cartes avec un bond des stocks américains, une demande faible des raffineries et les craintes que le conflit sino-américain ne pèse sur la croissance mondiale», explique Lukmane Otunuga, analyste chez FXTM. Plusieurs analystes du domaine considèrent que la baisse des cours pétroliers n’est pas justifiée. Les prix du pétrole devaient, selon eux, se maintenir à la hausse sous l’effet de facteurs géopolitiques : les conséquences de l’embargo américain sur l’Iran et le Venezuela, la limitation de la production de l’OPEP. «Le brut ne peut baisser jusqu’à un certain point quand l’offre est sous pression, notamment en Iran et au Venezuela sous le coup des sanctions américaines», commentent les analystes d’Energy Aspects. Pour Giovani Staunovo, analyste chez UBS, le marché se base trop sur les données hebdomadaires de l’EIA, ce qui équivaut à «naviguer en plein brouillard en regardant en vain vers l’horizon». Il opte pour un critère : l’observation récente de la quantité de pétrole en transit sur des navires pétroliers qui montre que l’offre mondiale est affaiblie et devrait se traduire par des baisses de stocks à terre dans les prochaines semaines. Cette baisse des prix du pétrole est également nourrie par les craintes que fait peser un ralentissement de l’économie mondiale sur les cours du brut. A «la source de ces appréhensions, les indices PMI décevants au Japon, aux Etats-Unis et en Europe, qui concluent à un ralentissement du dynamisme du secteur privé dans ces pays », rapporte John Kilduff, analyste chez Again Capital. A cela s’ajoutent les tensions entre les Etats-Unis et la Chine. «Le ralentissement de l’activité privée aux Etats-Unis prouve que l’économie américaine n’est pas immunisée contre le danger de droits de douane punitifs». En d’autres termes, la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine risque de conduire à un ralentissement du commerce mondial et, partant, de l’économie mondiale. Le chef de la diplomatie américaine accuse Huawei de mentir sur ses véritables liens avec les autorités chinoises, qui, de leur côté, dénoncent le harcèlement de Washington à l’égard du numéro 2 mondial des smartphones «lâché en vrac par nombre de ses partenaires». En fin de compte, vu le brouillard concernant l’orientation des cours du pétrole dans les prochains jours, les prochaines semaines, le marché semble hésitant quant à la direction à prendre : à la baisse ou à la hausse ? Une situation inquiétante pour un pays producteur de pétrole comme l’Algérie dont la totalité des revenus financiers provient du secteur pétrolier.