De retour sur la scène algérienne avec un cinquième album intitulé « Tidyanin », un mot que l’on peut traduire, explique l’artiste, par « événements » ou « péripéties », le chanteur d’expression kabyle et de style pop-rock Ali Amran sera ce soir et demain (26 et 27 mai) à l’affiche de la Maison de la culture de Tizi Ouzou, avant de rencontrer son public algérois le 27 lors d’une représentation unique à l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaih. Nouvelle étape d’une tournée internationale débutée le 13 octobre dernier en France, la série de trois concerts qu’il donnera en Algérie est articulée autour des titres de son nouvel opus. Ali Amran, déjà en Algérie avec ses musiciens, est revenu hier, lors d’un point de presse, sur la particularité de l’album «Tidyanin», dont les chansons, les thèmes ou l’hommage qu’il rend à Matoub Lounès font immanquablement écho à la situation politique et à l’ébullition sociale actuelles. Le chanteur, qui déclare avoir débuté la rédaction de ses textes « depuis maintenant trois ou quatre ans », notera qu’« il est intéressant de constater que les titres de l’album parlent à leur façon de ce qui se passe actuellement au pays.» A propos de la chanson ayant donné son nom et son esprit à l’Album, Ali Amran dira que «Tidyanin» est un titre qui aborde «la nécessité de se réapproprier son histoire, sa mémoire au long cours, ses racines pour pouvoir avancer», allusion aussi aux erreurs du passé. «Autrement, si l’on perd tout, cela voudrait dire que l’on s’est perdu à son tour. Et quand je vois ce qui ce passe aujourd’hui, quand je vois les marches où le drapeau berbère est présent, où les gens revendiquent leur mémoire, je suis très ravi.» D’ailleurs, il abordera les écueils qui ralentissent toute une sociétéà travers le premier titre de l’album, « Lxid » (le fil), une façon de dire que la situation ne tient aujourd’hui qu’à un fil. «L’image du funambule semble convenir à ce qui se passe.»
Ce cinquième album d’Ali Amran, publié en Algérie – mais le premier disque à être distribué à l’étranger – aborde d’autre part des problématiques qui semblent plus personnelles, notamment avec le titre « Tlatin », qui compte les déboires d’un trentenaire dans une société qui confine à être un éternel adolescent. Album abordant ainsi le souvenir d’une culture qui se perd, l’exil, la fierté et l’avenir d’un peuple avec des titres tels que « Bedd » (debout), « Sand Akka » (quelle est ta destination ?), ou encore « Izleg Wedref » (si on agit, c’est de travers), l’une des douze chansons de « Tidyanin », intitulée « Lwennas », est quant à elle un hommage à la mémoire de Matoub Lounès. Ali Amrane débute son texte d’hommage avec l’expression «l’anza», qui évoque « l’appel d’une victime à laquelle la justice ne lui a pas été rendue », explique l’artiste qui reprend également dans d’autres titres des rythmes inspirés d’autres genres. « J’ai fait cela pour rester dans la même démarche que Matoub Lounès, qui reprenait les standards de la musique chaâbie, hawzie, kabyle ou andalouse. C’est intéressant sur le plan musical de toujours rechercher et de jouer le patrimoine de façon différente ».<