Le Conseil de sécurité des Nations unies devrait tirer des leçons de la démission de Horst Köhler, envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara occidental, afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs, a déclaré, hier, l’ambassadeur de la République du Sahara occidental en Algérie à propos de la démission de l’émissaire onusien mercredi dernier.

Le diplomate sahraoui a émis des doutes, par la même occasion, quant aux raisons réelles derrière la démission de l’émissaire onusien justifiées officiellement par des soucis de santé. Or, les dessous de cette démission « renvoient aux dépassements, entraves et atermoiement de l’occupant marocain avec la bénédiction de la France nostalgique de son passé colonial ainsi que de l’Espagne», dénonce l’ambassadeur Sahraoui. Pour ces raisons, le Conseil de sécurité (CS) devrait, selon Abdelkader Taleb Omar, « tirer des leçons de cette démission », et faire preuve, à l’avenir, de plus de « fermeté et de rigueur à l’égard du Maroc qui fait fi des résolutions onusiennes », dit, sur un ton de colère, l’ambassadeur sahraoui. Ce dernier exprimera ainsi son profond regret du fait que le Conseil de sécurité n’a pas saisi l’occasion et le dynamisme insufflé par Köhler pour espérer réaliser des avancées notables dans le dossier. Il regrettera, dans le même sillage, la persistance des dépassements du Maroc et les obstacles qu’il impose aux efforts d’une « solution juste et durable au conflit du Sahara occidental qui est l’autodétermination du peuple sahraoui ».
Réitérant l’adhésion du Front Polisario à la Charte et aux résolutions pertinentes des Nations unies, il a réaffirmé qu’il n’y a pas de « solution au conflit sahraoui sans le plein respect de la volonté du peuple sahraoui, exprimée de manière libre et transparente par l’exercice de son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance ».
La démission de Köhler intervient, faut-il le souligner, dans un contexte où le Conseil de sécurité peine à prendre les mesures nécessaires et imposer le strict respect des résolutions onusiennes.
Pour M. Taleb Omar, « la non-condamnation du Maroc ne fait qu’augmenter l’obstination de l’occupant qui persévère dans ses dépassements», relevant que Köhler « n’est pas le premier à avoir renoncé à accomplir son rôle de médiateur dans la question sahraouie ». Pour la suite, le diplomate sahraoui espère que le vide « ne soit pas de longue durée » estimant « plus judicieux d’appuyer la dynamique enregistrée depuis que Köhler a pris ses fonctions et fixant une date pour le référendum d’autodétermination ». Il ajoutera, catégorique, que la colonisation du Sahara occidental « ne va pas durer ad vitam aeternam ». Sur le processus de négociations, il dira que la démission de Köhler ne signifie pas la fin du processus de paix, expliquant que les Sahraouis qui « croient en la voie diplomatique n’excluent pas le recours à la lutte armée dans le cas où le statu quo perdure ». « Le Polisario et le peuple sahraoui sont déterminés à poursuivre la lutte jusqu’à ce qu’ils recouvrent leur indépendance, n’excluant pas le retour à l’option de la lutte armée si la voix diplomatique n’aboutit pas. La lutte armée n’est pas à exclure », a soutenu, au final, l’ambassadeur sahraoui.<