Il y a exactement 136 ans mourait une figure emblématique de l’humanité, le fondateur de l’Etat algérien moderne, l’Emir Abdelkader. C’était le 26 mai 1883 à Damas. Un mort en exil après avoir vécu combattu durant 11 ans le colonisateur français, et s’être évertué dans une vie de soufi surtout à la fin de sa vie. L’aspect mystique de l’Emir a une valeur fondamentale chez beaucoup de personnes et dans plusieurs régions du monde. N’est-il pas considéré comme l’un des principaux, si ce n’est le principal, disciple du maître soufi par excellence, Ibn Arabi !

La relation entre l’enfant de Mascara et le natif de Murcie (Andalousie) est très forte. Le jour de l’enterrement de l’Emir, sa tombe était à côté de celle d’Ibn Arabi, décédé 744 ans auparavant. Ce n’était pas un « hasard ». C’était un vœu de l’Emir suite à une vision qu’il a eu et dans laquelle Ibn Arabi lui avait dit « J’ai construit une maison à mes côtés, pour toi ».

Toutefois ce vœu n’aura finalement duré que 83 ans. Le 5 juillet 1966 les cendres de l’Emir étaient transférées, vers El Alia. Une « opération » menée par le président Houari Boumediene et qui était loin d’être facile à réaliser. Il a fallu, en plus de la famille de l’Emir, une fatwa d’al-Azhar et de la mosquée des Omeyyades (à Damas) pour que le transfert puisse réaliser. Ces deux « institutions » avaient donné leur accord en se basant sur une phrase de l’Emir « je reviendrai en Algérie, porteur ou porté ».

Lors de son enterrement à Damas, celui qui pratiqua les rites funèbres était un certain Cheikh Abderahmane Eliche El Kebir (1845-1922). Un soufi de la tariqa Chadliya, également exilé (à l’époque) d’Egypte. Ce maitre s’était lié d’amitiés avec l’Emir (environ une année avant sa disparition) en Syrie. Cheikh Abderahmane Eliche El Kebir, qui serait d’origine algérienne, est celui qui  initia un certain René Guénon (alias Abd al-Wâhid Yahyâ, 1886-1951) au soufisme.

Un grand intellectuel musulman, d’origine française, dont les écrits sont d’une actualité criarde. René Guénon, considéré par certains comme le plus grand ésotériste du 20é siècle, a enseigné la philosophie durant une année dans un lycée à Sétif. Auteur de 17 ouvrages, ce soufi, qui a été beaucoup inspiré par l’Emir Abdelkader, est actuellement au centre des activités de la Librairie de Philosophie et de Soufisme, à Alger. Sous la houlette de Mohamed Atbi, elle en a déjà publié six dont les deux derniers sont : « Les états multiples de l’être » et « La métaphysique orientale ». Aux suivants…  

@SalimKoudil

19h19 (13): Hirak, ou pas Hirak!