Malgré notre tentative, la semaine dernière, de rencontrer le chef de cabinet pour avoir de plus amples informations sur la situation de tension qui oppose les habitants de la commune de Nador à propos des nuisances de l’exploitation des quatre carrières du Chenoua, nous avons été surpris d’entendre le président de l’Association des consommateurs de la wilaya de Tipasa parler au nom du wali, passant outre la cellule de communication et déclarer qu’il était impossible de fermer les carrières.

En effet, dans une déclaration à la radio locale, Hamza Belabbès, président de l’Association de protection et orientation du consommateur et son environnement (Apoce) de la wilaya, qui citait le wali, « déclarait qu’il sera impossible de fermer ces carrières étant donné que celles-ci approvisionnaient, en matière première, les chantiers de certains projets de la wilaya », faisant allusion au projet de contournement de la ville de Cherchell, dont 4 km restent à réaliser sur le tronçon de 18 km.
Plaidant la cause du wali et se réjouissant du fait qu’il ait été reçu, précise-t-il, en compagnie de représentants de quartier, le président de l’Apoce se félicitait même « de ce pas positif », à savoir être reçu et entendu par le premier responsable de la wilaya après un silence assourdissant de tous les responsables.
Ce nouveau rôle du président de l’Apoce a surpris plus d’un, d’autant que la wilaya est dotée d’une cellule de communication avec un responsable digne de ce nom et dont l’expérience dans le poste est avérée et ne souffre d’aucune faiblesse ni de subjectivité. Reporters a, par ailleurs, informé ce même responsable sur la nécessité de communiquer sur le sujet en lui faisant part de son intention de rencontrer le chef de cabinet pour avoir plus de détails sur la situation des habitants de Nador. Après une longue attente au siège de la wilaya, celui-ci n’a même pas daigné répondre par oui par non.
Il faut rappeler que la situation est tendue dans la commune de Nador en raison du face-à-face des citoyens dont certains bloquent l’accès aux carrières d’extraction d’agrégats situées au mont Chenoua, alors que d’autres réclament l’ouverture de la route car exerçant dans ces mêmes carrières. Les protestataires exigent la fermeture des carrières en raison des conséquences néfastes de cette activité sur leur santé et leur environnement.
Selon les déclarations de la directrice de l’Industrie et de la promotion de l’Environnement, à la radio locale, les entreprises qui exercent dans le mont Chenoua disposent de leur permis d’exploitation alors que le wali, dans une déclaration à l’APS, parle «d’activités suspectes de trois opérateurs qui exercent depuis dix ans». Et toujours selon le wali, «les premiers échos parvenus à ce sujet font état d’une seule carrière en conformité avec la loi. Il s’agit de celle alimentant le projet de la rocade de Cherchell qui sera fermée dès réception du projet au 3e trimestre de l’année en cours ».
Cet imbroglio est d’autant plus incompréhensible que, depuis 2017, le mont Chenoua a été classé sur la liste nationale des aires naturelles protégées dans le prolongement de l’anse de Kouali, ce réservoir marin de la biodiversité, un statut qui devait lui garantir une protection et une sauvegarde.
Les déclarations contradictoires des responsables de la wilaya sont incompréhensibles et gagneraient à se faire dans la transparence dans l’intérêt seul de la protection des richesses de la wilaya, d’autant que, peu avant la révolte populaire, le wali se targuait d’être disponible et que les portes de son bureau étaient grandes ouvertes à la presse. n