Dans le domaine de l’agroalimentaire en ce Ramadhan synonyme de boulimie et de bombance, et eu égard au comportement indécent de la totalité des vendeurs de fruits et légumes, insatiables quand il s’agit de revoir les prix à la hausse, il y a Giplait, l’ex-Onalait, entreprise publique spécialisée dans le lait et ses dérivés, qui fait exception. On se remémore qu’à chaque Ramadhan, Giplait renforçait sa production de lait en sachet, espérant combler la multiplication des consommateurs envers ce produit très utilisé pendant le carême. Mais chaque fois, les quantités produites ne suffisaient pas, non pas à cause d’une production insuffisante, mais plutôt par le point de distribution aux mains de revendeurs avides de gain facile, multipliant les astuces pour vider les poches des consommateurs en astreignant ces derniers à la vente concomitante que l’on croyait appartenir à un autre âge. Giplait a pris cette fois le problème à son compte en ouvrant, tout simplement, des points de vente à travers la ville de Constantine, espérant aller vers le consommateur en grogne contre l’ex Onalait. Et… coup d’essai, coup de maître. L’entreprise a décidé donc d’instaurer une vente directe et ça marche. Les points de vente créés ne désemplissent pas d’amateurs de lait et de ses dérivées. Et le plus étonnant, c’est que l’on a découvert des produits que l’on ne soupçonnait pas chez Giplait. Car en plus des sachets de lait de 25 DA, du s’men, et du camembert Numidia, délicieux soit dit en passant, le client a été plus que surpris de découvrir des produits qu’il ne suspectait pas. « J’ai eu le plaisir de découvrir le l’ben en tetra pack, je ne savais pas qu’il existait. Il y a aussi le raïb en pot qui se déguste à la cuillère, en plus du yaourt liquide en bouteille et en pot, et la liste n’est pas exhaustive », nous dira un chaland croisé au point de vente mitoyen du marché des frères Bettou. D’autres points de vente stratégiques ont été constatés au niveau du marché couvert de Sidi Mabrouk supérieur, Daksi, la nouvelle ville Massinissa et celle de Ali-Mendjeli, en plus d’autres boutiques qui verront le jour dans quatre jours tout au plus. Cette pratique nouvelle de Giplait a fait dire à un cadre de l’entreprise que « notre finalité a toujours été de satisfaire le consommateur. Nos efforts ont à chaque fois été mis à terre par les distributeurs privés qui ne font pas le jeu. L’année passée, nous avions rajouté 200 000 litres de lait à notre production, mais cela n’a pas suffi. Cette année, nous n’avons ajouté que 100 000 et il n’y a aucune pénurie, en plus de plusieurs de nos produits boudés par les distributeurs, donc inconnus par notre clientèle, qui se vendent bien depuis l’ouverture de nos points de vente ». Giplait, consciente qu’un rouage s’était grippé dans sa politique commerciale, a sans doute mis le doigt cette fois sur le maillon faible, la distribution, en l’occurrence. « Nous n’avons pas l’intention de nous séparer de nos distributeurs, nous leur mettons seulement la pression pour qu’ils adhèrent à notre politique et qu’ils sachent une bonne fois pour toute que le consommateur est roi. Nos produits resteront disponibles chez les revendeurs et nous demandons à ce qu’il y ait une meilleure visibilité de notre production diversifiée », ajoutera notre interlocuteur. Et ce ne seront pas les centaines de consommateurs que nous avons croisés les bras chargés au point de vente du marché des frères Bettou qui le contrediront…H. B.