Au lendemain du discours d’Ahmed Gaïd Salah, dans lequel il a réitéré l’attachement de l’institution militaire à la voie constitutionnelle et, donc, à la tenue de l’élection présidentielle, le président du Front de la justice et du développement (FJD) est revenu à la charge pour plaider sa vision et défendre le principe d’une période transitoire pour aboutir à l’élection d’un président de la République légitime. Relevant d’emblée avoir été contraint d’expliquer, encore une fois, sa vision pour une période de transition après avoir constaté une mauvaise interprétation de ses précédentes communications, le chef d’Al Adala a fait savoir que la période transitoire est perçue comme « un simple mécanisme pour aboutir à l’élection d’un nouveau président de la République démocratiquement élu ». « Cette période doit être courte dans le temps et sera dirigée par un chef de l’Etat avec les missions d’un président de la République ou un présidium, formé de 3 à 5 personnalités, détenant à la fois les capacités scientifiques, l’expérience professionnelle ainsi que la bonne conduite », a expliqué le chef du parti islamiste et, par ailleurs, l’un des principaux acteurs des « Forces du changement pour la protection du choix du peuple». Ces personnalités, a expliqué Djaballah, ne doivent pas avoir participé à la gestion des affaires de l’Etat durant le règne de l’ancien président, Abdelaziz Bouteflika ». Djaballah propose, à cet effet, que l’institution militaire appuie cette instance transitoire afin qu’elle s‘acquitte de sa mission dans les meilleures conditions.
Ensuite ce présidium procèdera à la « formation d’un gouvernement de compétences nationales ». Dans le même sillage, Djaballah parle de la formation d’une commission nationale chargée d’apporter les modifications nécessaires dans la loi électorale en vigueur. Cette procédure « permettra entre autres d’instaurer une commission indépendante qui sera chargée de toutes les étapes de l’opération électorale et ce jusqu’à l’annonce des résultats », a-t-il noté. « Si le présidium décide d’organiser d’abord l’élection présidentielle, il doit procéder à des modifications constitutionnelles permettant plus d’équilibre entre les pouvoirs et ce pour éviter de revenir à une éventuelle dictature», ajoute-t-il. De ce fait, Djaballah affirme que l’objectif de la période transitoire qu’il préconise diffère de celui recherché par les partisans de l’élection d’une Assemblée constituante ou de ceux qui sont « des relais de la France », une expression que Djaballah utilise sans avoir indiqué avec précision les personnes ou les parties ciblées par son propos. <