Le scénario aurait pu être catastrophique et similaire au drame qu’a vécu la Casbah d’Alger il y a un mois de cela. Mais le destin a été clément en ce mois sacré. L’effondrement d’un immeuble dans la nuit de mardi au coin des rues El Fida et Dakhli Mokhtar à la vieille ville d’Annaba n’a, fort heureusement, fait aucune victime humaine.

Les rescapés ont été sauvés grâce à l’aide des citoyens, qui sont intervenus dès le début pour éviter le drame. L’effondrement ayant touché plusieurs appartements a aussi bloqué tout accès à la cage d’escalier rendant impossible toute tentative de quitter l’immeuble. Les voisins ont, grâce à de grandes échelles, pu faire évacuer les 8 familles restées coincées à l’intérieur de la bâtisse en ruine. Une fois libérées, les huit familles rescapées ont bloqué le boulevard Victor Hugo, juste en face de l’hôtel Sheraton pour protester et interpeller les autorités locales, qui une fois de plus, ont brillé par leur absence.

La Vieille Ville, le quartier des laissés-pour-compte
Alors que l’opération de rénovation du vieux bâti d’Annaba en est à sa deuxième année, la vieille ville est toujours sur la liste des laissés-pour-compte. Les plus anciennes bâtisses de la ville d’Annaba tombent comme des châteaux de cartes à la moindre petite intempérie, et sans même aucun facteur extérieur des fois.
Loin d’être un avantage qui ferait en sorte d’accélérer les procédures de rénovation, son statut de patrimoine culturel se révèle être un frein à la concrétisation d’un tel projet. L’APC et le ministère de la Culture se renvoient la balle depuis des années, quant au responsable de la situation de la vieille ville. «Vu que la vieille ville est classée comme étant un patrimoine culturel national, les travaux de rénovation ne peuvent être entrepris, sans une étroite collaboration entre le ministère de la Culture et l’APC d’Annaba», nous a-t-on confié. Avec leur passivité, le ministère de la Culture et l’APC d’Annaba ont, pendant plusieurs années, mené ces sites représentant une grande partie de l’Histoire bônoise à leur ruine.
Les effondrements de ces immeubles composant la citadelle d’Annaba ne défraient plus la chronique, tellement les gens s’y sont habitués. Cela fait déjà des dizaines d’années que les habitants de la place d’armes et les amoureux de la ville d’Annaba attendent des réactions de la part des autorités locales et centrales. On ne compte plus le nombre de pétitions demandant à ce que le blason de ce quartier soit redoré. Mais rien n’est fait, les différents locataires qui se sont succédé à l’hôtel de ville ainsi que les nombreux walis qui ont été nommés à Annaba ces dernières années ne semblent pas du tout vouloir programmer une opération de réhabilitation pour ce ghetto du centre-ville.
Pis, certaines bâtisses ne sont plus à sauver. En état de dégradation avancée, celles-ci ne peuvent, désormais, plus être sauvées ; elles menacent ruine à tout moment et représentent un véritable danger pour les riverains, les automobilistes et les passant. Fort heureusement, le pire a toujours été évité, mais la chance pourrait tourner. «Qu’attendent les autorités locales pour raser les immeubles en ruinent, qui en plus de défigurer encore plus l’esthétique de la ville, font encourir un grand risque aux habitants et aux passants», se demandent des habitants de ce quartier que nous avons rencontrés. n