Des milliers d’étudiants ont battu le pavé dans plusieurs villes algériennes, mardi. Pour cette journée de la semaine, devenue celle de la mobilisation de la communauté estudiantine en faveur du mouvement pour le changement démocratique dans le pays, ils ont réitéré les slogans traditionnels à leurs manifestations depuis la contestation générale enclenchée au lendemain de la marche historique du 22 février 2019 : «Oui pour le départ du système, oui pour un changement démocratique» en Algérie. A ceux-là se sont ajoutés les mots d’ordre dictés par l’évolution des évènements et les développements politiques en cours. Ainsi, à Oran, ils étaient nombreux à défiler du centre-ville jusqu’au siège de la wilaya, en scandant des mots de ralliement repris d’est en ouest et du nord au sud du pays.  A Boumerdès, les avocats, les étudiants, après le sit-in organisé devant la cour, sont sortis dans la rue pour exiger le changement et réclamer le départ total du système et de tous ses hommes.  Malgré le fait que le nombre d’étudiants ait diminué par rapport aux précédentes actions, des dizaines de manifestants ont encore une fois bravé la chaleur et le ramadhan  pour sortir dans la rue pour exiger le changement et réclamer le départ total du système et de tous ses hommes. «Nous sommes déterminés à poursuivre le combat pacifique jusqu’au démantèlement du système et l’instauration d’une République démocratique», ont scandé les manifestants tout au long de la marche initiée le long de la principale artère de la ville.

Rejetant l’élection présidentielle du 4 juillet, ils ont crié haut et fort des slogans hostiles au pouvoir tout en revendiquant le pouvoir au peuple. Les manifestants ont brandi des banderoles sur lesquelles on pouvait lire, entre autres : «Pourvoir dégage», «Non au plan du pouvoir sans le peuple » « Le Hirak continue », « Algérie libre et démocratique », « Bensalah, Bédoui, Gaïd Salah ! Dégagez tous! », « l’Algérie est une République et non une caserne ».

Devant le siège de la Cour, les étudiants ont revendiqué une justice indépendante issue d’une transition populaire et non du système. «Pour une justice de transition indépendante et non à une justice sélective», « pas d’élections avec la bande » sont entre autres des slogans brandis sur des pancartes. Tout en dénonçant les tentatives de division et de détournement des revendications du peuple, les manifestants exigent un changement de gouvernance  et   le départ total du système politique  et de ses symboles.

Ulac L’vote

A Bouira, les étudiants manifestants ont brandi des pancartes sur lesquelles sont portés des messages refusant la tenue du scrutin. «Pas de vote avec la i3ssaba. Gaïd, l’Algérie n’est pas l’Égypte», lit-on sur une pancarte. En plus de ces messages, les étudiants ont scandé des slogans hostiles au général du corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah : « Pouvoir, ni aux patrons, ni aux islamistes, ni aux militaires, au peuple». La manifestation s’est déroulée dans le calme. Par ailleurs, un rassemblement en soutien au Hirak a été organisé par des avocats à l’intérieur du siège de la Cour de justice de Bouira. A Tizi Ouzou, en plus de la marche hebdomadaire des étudiants, les avocats, la corporation médicale et les travailleurs de Sonelgaz ont marché hier. Unanimes, les marcheurs ont scandé  « Ulac Lvote ulac ! ».  « Non à l’élection de la honte du 4 juillet 2019 », et « pour un processus transitionnel sans les figures honnies du système ! », clamaient, en effet les robes noires et les blouses blanches qui ont marché ensemble. Durant leur défilé, des avocats et différents corps de la santé ont défendu les revendications de la révolution populaire. « Non au putsch constitutionnel ! », « La souveraineté populaire est non négociable ! », ont clamé les robes noires et les blouses blanches, entendant ainsi rejeter le fait accompli des décisions qui ne respectent pas la volonté du peuple. Une réponse au chef de l’EMG de l’ANP qui a été particulièrement ciblé par les manifestants réclamant, en outre, « la primauté du civil sur le militaire ! ». «  Non à l’instrumentalisation de la justice ! », lit-on sur une grande banderole, et « Pour l’édification d’un Etat de droit ! »,  sur une autre. Les étudiants qui étaient quelques centaines à être au rendez-vous ont réclamé une période transition. Quelques-uns portaient des affiches défendant la mise en place d’une assemblée constituante. « Ulac lvot ! » a été le slogan scandé également par les travailleurs de la Sonelagaz qui ont marché du siège de leur entreprise vers la mémorial des martyrs, situé à l’entrée ouest de la ville, et repris les mots d’ordre habituels, insistant sur un changement radical et le départ du système et de tous les hommes qui le représentent et qui sont encore à la tête des institutions.

Par Houssem A.M et  KACI K