La preuve par trois est faite. Trois comme trois villes de la wilaya de Constantine que sont Ali Mendjeli, Didouche Mourad et le chef-lieu de wilaya. La preuve que les prix démentiels affichés sur les étals des commerçants de la ville de Constantine sont le fruit, sans jeu de mots, d’une spéculation effrénée qui consiste tout simplement à mettre la main à la poche du citoyen et le vider de toute substance pécuniaire.

Des échos parvenus de Didouche Mourad et de Ali Mendjeli faisaient état de prix très abordables des fruits et légumes de saison, contrairement au chef-lieu de wilaya où les prix sont encore à leur pinacle. A Constantine ville, et dès les prémices du mois sacré, les hostilités contre le consommateur ont été ouvertes. Du jour au lendemain, les prix étaient passés du simple au double, et ce ne sont pas les «orientations» de M. le ministre de l’Agriculture pour un plafonnement des prix qui auraient dissuadé les commerçants de revoir leurs ambitions hautement mercantiles à la baisse. La tomate passera à 160 DA, la pomme de terre se « stabilisera » à 65, la courgette à 140, la laitue à 100, le melon à 200, les nèfles à 220, la pastèque à 100, de même que la carotte, les artichauts à 120, et le navet qui n’intervient dans pratiquement aucune recette culinaire culminait à
90 DA. Les viandes blanches affichaient, quand même, des prix raisonnables à 220 DA le kilo, alors que les rouges, déjà inatteignables grimpaient au-dessus des seuils tolérables.

Fièvre acheteuse et folie vendeuse
D’habitude, les dix premiers jours de jeûne passés, la raison, ou plutôt la loi de l’offre et de la demande finissait par réguler un marché en folie. Mais cette année, que nenni. Car à part les viandes blanches qui voyaient le kilo du poulet proposé à 180 DA et ses escalpes à 450, tout le reste des marchandises regardaient toujours vers le haut. Nous ouvrons ici une parenthèse pour signaler que les abats de poulet « hachakoume», ont atteint le prix record de
1200 DA le kilo, avec vésicule biliaire garantie ! Néanmoins, grande fut notre surprise quand nous sommes allés vérifier les dires de notre « lanceur d’alerte» à Ali Mendjeli, et surtout à Didouche Mourad. Si au niveau de la nouvelle wilaya déléguée nous avons pu constater des baisses de prix conséquents, avec une fourchette de 30 à 40 DA pour chaque produit, grande fut notre surprise de constater que les produits maraîchers au niveau du marché central de Didouche Mourad avaient vraiment, mais alors vraiment baissés. Qu’on en juge ! La tomate est proposée à 70 DA, la pomme de terre à 40, la laitue à 50, la carotte à 40, la pastèque à 70, le melon à 120, les nèfles à 140, la courgette à 50, les artichauts à 60, et d’autres agréables surprises pour les habitués des lieux. Des différences énormes entre les prix des deux villes allant à plus du double pour certains produits ! « Nous nous approvisionnons au même marché de gros, et chez les mêmes producteurs de la vallée de Hamma Bouziane, nous dira un vendeur du marché de Didouche Mourad, répondant à notre étonnement sur la différence des prix de deux villes distantes de 15 Km seulement. Je peux vous dire que les commerçants en fruits et légumes de Didouche Mourad ont une marge bénéficiaire appréciable, même avec les prix que vous constatez. Pour les commerçants de Constantine ? « Rabbi yahdihoum », ce ne sont pas ces augmentations déraisonnables qui vont les enrichir ». A Constantine, au marché des frères Bettou, le haut lieu des prix de folie, on ne daignera nous répondre sur les différences constatées entre les deux villes que par un laconique passe-partout, « ce n’est pas la même chose ». Au consommateur de trancher ! n