C’est aujourd’hui que la chambre d’accusation du Tribunal militaire de Blida examinera la demande de mise en liberté provisoire de Louisa Hanoune, cheffe du Parti des travailleurs (PT), poursuivie pour «complot contre l’autorité de l’Etat et atteinte à l’autorité de l’Armée». A cet effet, le collectif d’avocats qui assure la défense de Louisa Hanoune se déplacera aujourd’hui sur les lieux pour plaider la «libération provisoire» pour leur cliente, sachant que la sentence ne sera pas prononcée au cours de la même journée. Théoriquement, «le délibéré peut prendre jusqu’à une semaine avant que le juge d’instruction ne statue sur l’acception ou le refus de la demande de libération d’un détenu», nous explique Rachid Khane, membre du collectif de défense de la cheffe du PT. «C’est dans quelques jours que l’opinion publique saura si la Chambre d’accusation confirme la mise en détention ou ordonne la liberté provisoire de Louisa Hanoune», explique Maître Khane.
Convoquée par le Tribunal militaire de Blida en qualité de «témoin», la secrétaire générale du PT a été placée en détention préventive, le 9 mai dernier, dans une prison civile de la même ville. Elle est accusée avec Saïd Bouteflika, ancien conseiller de la présidence, et les deux généraux Toufik Mediène et Bachir Tartag, de complot contre l’autorité de l’Etat et de l’Armée. L’atteinte à l’autorité de l’Armée est, selon l’article 284 du Code militaire, puni d’une peine allant de 5 à 10 ans de réclusion criminelle et le «complot contre l’Etat est passible de la peine capitale», selon l’article 77 du Code pénal.
La détenue réfute les accusations qui lui sont adressées et affirme ne pas conspirer ou comploter contre l’institution militaire et son haut commandement, rapporte ses avocats, qui considèrent que Louisa Hanoune «a été dans son rôle de dirigeante d’un parti politique ». Louisa Hanoune, selon M. Rachid Khane, a pris part à une réunion, en date du 27 mars uniquement, où elle a rencontré Saïd Bouteflika et le général à la retraite Toufik, alors que ces derniers ont tenu une autre réunion le 30 du même mois.
Il ajoute que l’intervention de la cheffe du PT n’a porté que sur la demande que «le gouvernement cesse sa campagne pour le 5e mandat, la démission du gouvernement Bedoui, ainsi que la dissolution des deux Chambres du Parlement». Elle a également demandé l’activation des articles 7 et 8 de la Constitution, ajoute la même source. «A aucun moment dans sa discussion avec Saïd Bouteflika, elle n’a eu à évoquer l’Armée ou le changement de régime», affirme Me Rachid Khane. Son arrestation est considérée par la société civile et les partis d’obédience de gauche, comme une atteinte aux droits de l’Homme et une restriction de l’exercice politique. Ce qui fait que les appels à sa libération «immédiate et inconditionnelle» se multiplient au niveau national comme au niveau international, à l’image du rassemblement tenu avant-hier à Alger à l’appel du Comité national pour la libération de Louisa Hanoune et qui a été empêché par les forces de l’ordre.n