La galerie d’art Frantz-Fanon, située au Centre des arts de Riadh El Feth, abrite l’exposition «Sur les pas de Mohammed Racim», qui se poursuit jusqu’au 30 mai prochain. On peut y voir plus d’une douzaine d’œuvres d’artistes spécialisés dans l’enluminure et la miniature et, dans une moindre mesure, en calligraphie ou au travail sur bois et céramique. Cette exposition-vente est volontairement proposée par les organisateurs dans le cadre des animations du mois du Ramadhan pour faire découvrir «des œuvres d’art islamique et de calligraphies».
Artiste lui-même, le responsable de la galerie, Omar Khiter, explique que l’objectif de cette exposition, qui a débuté le 9 mai dernier, est de rendre hommage au précurseur de cet art en Algérie, Mohammed Racim. Ceci en réunissant plusieurs générations d’artistes avec des approches différentes d’une même forme d’expression. Il souligne, également, à propos de la thématique de ce rendez-vous, que le nom de Mohammed Racim reste certainement le plus célèbre artiste miniaturiste algérien et que tous ses successeurs continuent de s’inspirer de ses œuvres, en estimant qu’ «il a réussi à redonner une identité à cet art». Mohammed Racim restant ainsi la «première» école pour les miniaturistes algériens, «ils s’en sont tous inspiré d’une manière ou d’une autre » souligne notre interlocuteur. Ajoutant que «c’est à partir de ses œuvres que d’autres ont travaillé et innové par la suite. C’est pour cela que l’exposition s’intitule « sur les pas de Mohammed Racim ».
Les amateurs d’art et le grand public sont ainsi conviés à découvrir tous les soirs dès 22 heures, la relève du grand maître du genre à travers une quarantaine de tableaux, ainsi qu’une dizaine de pièces décoratives, notamment réalisées par les artistes Samia Ben Mouhoub, Amel Daifallah Mohamed Ben Miza et Kamel Mohamedi.
A propos du choix des artistes participant à cette manifestation, le responsable de la galerie Frantz-Fanon nous explique que le choix s’est porté sur une exposition réunissant «des artistes ayant un long parcours, soit des anciens, aux côtés de créateurs plus jeunes, mais dont les œuvres sont tout aussi remarquables». Il affirme à ce propos que «cette forme d’expression est exigeante, mais le talent ne s’y mesure pas forcement avec l’âge, c’est une question de travail et de persévérance». Exposition proposant également plusieurs formes d’enluminure, parmi elles, l’une des œuvres de Samia Ben Mouhoub, qui a été choisie pour la décoration de la grande mosquée d’Alger, nous confie le responsable de cet espace d’exposition. Les visiteurs pourront aussi découvrir une nouvelle vision de l’évolution de cet art en perpétuelle mutation. «Des artistes s’inspirent de la tradition de l’enluminure, mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, ll s’agit de formes d’expressions où l’innovation et la création restent très présentes», nous explique Omar Khiter. Il précise que «nous avons des artistes qui parfois cassent les règles. Ils essaient de développer et de moderniser cet art. Nous pouvons découvrir certains d’entre eux à travers leurs œuvres exposées et constater qu’il ne reste pas dans la cercle fermé de l’enluminure ancienne». Par ailleurs, il est souligné à l’occasion de cette exposition-vente que les pièces d’enluminure étaient généralement vendues à des tarifs allant de 150 000 à 600 000 dinars. Toutefois, le responsable de la galerie Frantz-Fanon nous confie que les acheteurs de ce type d’œuvre étant néanmoins plus rares. «L’enluminure, et dans une moindre mesure, la miniature, ne se vendent pas très facilement. Et d’un autre côté, ces œuvres sont certainement plus rares», a-t-il déclaré. « Il faut savoir que chaque fois c’est un travail colossal, car il faut plusieurs mois pour réaliser une seule œuvre».