La Syrie a appelé hier à la «retenue» et au «dialogue» dans la région du Golfe, dans un contexte marqué par une vive tension entre Washington et Téhéran sur fond des sanctions prises par les Etats-Unis contre l’Iran après son retrait unilatéral de l’accord nucléaire de 2015. «Damas appelle toutes les parties à la retenue car une montée de la tension dans le Golfe n’est pas dans l’intérêt des pays de la région», a indiqué l’agence Sana, citant une source au ministère des Affaires étrangères. «Un dialogue, à l’abri des interventions étrangères, va sans doute conduire à une baisse de la tension et garantir la sécurité, la paix et la stabilité dans la région», a ajouté l’agence de presse. La diplomatie syrienne a aussi exprimé son rejet de «tout acte susceptible de perturber la navigation» et aux «retombées négatives pour tous les pays» du Moyen-Orient, d’après la même source. Dimanche, quatre navires, dont deux pétroliers saoudiens et un cargo émirati, avaient été endommagés par des actes de sabotage au large du port de Fujairah (Emirats arabes unis). Deux jours plus tard, un oléoduc saoudien a été visé également par des attaques de drones, revendiquées par le mouvement Houthis du Yémen. Ces deux incidents surviennent dans le contexte d’une escalade de tension ces dernières semaines dans le Golfe avec le déploiement dans la région d’un porte-avions et de missiles Patriot par les Etats-Unis, qui avancent des menaces pouvant émaner de l’Iran contre les intérêts américains. «Nous agissons avec le maximum de retenue» face à une escalade «inacceptable» «provoquée par les Etats-Unis», a déploré, jeudi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif refusant l’offre de «dialogue» proposée par les Etats-Unis pour apporter des modifications à l’accord nucléaire de 2015.