L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a fait observer, hier, que le calme, bien que précaire, des marchés pétroliers face aux tensions qui se sont déclarées au Moyen-Orient est plutôt salvateur.

L’AIE s’est félicitée, hier, que les marchés pétroliers restent «calmes» et que l’offre ne soit pas perturbée malgré le regain des troubles géopolitiques, encore alimentés par des attaques dans le Golfe et en Arabie saoudite. «Au moment où nous écrivons, il n’y a pas de perturbation de la fourniture de pétrole et les cours évoluent peu», note l’AIE dans son rapport mensuel sur le pétrole. «Les marchés restent calmes», juge-t-elle. Les inquiétudes autour de l’offre ne manquent pourtant pas, et certaines datent de quelques semaines, voire de quelques mois déjà. L’AIE rappelle à juste titre qu’avant la résurgence des conflits régionaux au Moyen-Orient les inquiétudes autour de l’offre étaient alimentées déjà par de nombreuses tensions géopolitiques en Libye, Iran et au Venezuela. Les attaques depuis peu contre des navires dans le Golfe et des installations pétrolières en Arabie saoudite en sont une autre. Fort heureusement, d’après les experts de l’AIE, les marchés ne se sont que peu inquiétés jusqu’ici. Pourtant, les attaques de drones, revendiquées par les rebelles yéménites Houthis, qui ont provoqué la fermeture d’un oléoduc majeur mardi en Arabie saoudite, ont fait monter d’un cran les tensions dans le Golfe, deux jours après le sabotage mystérieux de quatre navires au large des Emirats arabes unis. L’Arabie saoudite a livré, hier, une analyse beaucoup plus alarmiste de ces événements, jugeant qu’ils menaçaient non seulement le royaume, mais aussi «la sécurité des approvisionnements» en brut et l’économie mondiale. Nonobstant, les marchés sont restés comme de marbre, la forte volatilité tant redoutée n’était pas au rendez-vous et les cours n’ont que peu progressé. «En dépit du contexte géopolitique difficile et d’autres problèmes d’offre, les cours principaux ont peu évolué depuis un mois, s’établissant juste au-dessus de 70 dollars le baril de Brent», remarque pour sa part l’AIE, qui conseille des pays développés dans leur politique énergétique. «L’AIE est rassurée de voir que les problèmes posés par les incertitudes sur l’offre sont bien gérés et nous espérons que les grands acteurs vont continuer à assurer la stabilité du marché», écrit-elle. Face aux risques de perturbation des approvisionnements, nés essentiellement du regain de tension au Moyen-Orient, l’AIE a rappelé la position des pays consommateurs qui ont dit compter sur la coopération des producteurs. L’Agence compte ainsi sur la bonne volonté de certains pays producteurs, comme l’Arabie saoudite, pour alimenter le marché et remplacer graduellement les barils iraniens qui ne pourront plus être exportés en raison des sanctions américaines récemment renforcées.
Au lendemain du rétablissement des sanctions contre l’Iran, l’Arabie saoudite s’est empressée d’afficher sa disposition à augmenter sa production afin de parer à la défection de l’Iran. Par ailleurs, l’AIE, a baissé
de 90 000 barils par jour (b/j) sa prévision de croissance de la demande de brut pour 2019, attendue désormais à 1,3 million b/j. C’est essentiellement en raison d’un premier trimestre plus faible que prévu dans des pays aussi divers que le Brésil, la Chine, la Corée du sud, le Japon ou le Nigeria, lit-on dans le rapport mensuelle de l’Agence internationale de l’énergie. Il s’agit, néanmoins, d’un accès de faiblesse ponctuel et non «le début d’une nouvelle tendance» pour la demande, juge l’AIE. Pour sa part, l’Opep a prévu dans un rapport distinct, publié mardi, que «la croissance de l’offre sera sans doute moins marquée que l’an passé dans un contexte d’affaiblissement de la croissance économique mondiale», ajoutant que «la production de schistes des États-Unis se trouve de plus en plus confrontée à des contraintes logistiques».