Pour l’avocat, la seule demande de Mme Hanoune était qu’on fasse cesser la campagne pour le 5e mandat (prévue à l’époque) et que le gouvernement Bedoui démissionne…

Comme écrit dans Reporters dans son édition du mardi 14 mai, le collectif de défense de la secrétaire générale du Parti des Travailleurs (PT) s’est rendu hier mercredi au Tribunal militaire de Blida pour un «examen plus approfondi» du dossier de leur cliente. Pour les avocats de Louisa Hanoune, il s’est agi de faire une lecture attentive de sa déposition par rapport aux charges d’«atteinte à l’autorité de l’Armée et complot contre l’autorité de l’Etat» retenues contre elles dans l’affaire des deux ex-généraux des services de renseignement, Toufik et Tartag, ainsi que du frère et de l’ancien conseiller de l’ancien président Bouteflika.
Selon un membre du collectif de défense, Maître Rachid Khane, «Louisa Hanoune a pris part à une réunion en date du 27 mars uniquement, elle n’était pas présente à celle qui a eu lieu le 30 mars.
Elle a rencontré le frère conseiller du président Said Bouteflika et son intervention a porté sur un seul sujet : la demande que le gouvernement cesse sa campagne pour le 5e mandat, la démission du gouvernement Bedoui, ainsi que la dissolution des deux Chambres du Parlement. Elle a également demandé l’activation des articles 07 et 08 de la Constitution. A aucun moment dans sa discussion avec Saïd Bouteflika, elle n’a eu à évoquer l’Armée ou le changement de régime», affirme l’avocat.
A la question s’il y avait d’autres personnalités à la rencontre du 27 mars, l’avocat affirme n’avoir pas d’indications à ce sujet et que ce qui intéresse le collectif chargé de la défense de Mme Hanoune est de s’en tenir à sa déposition et au fait qu’elle «n’a rien à voir avec les accusations» retenues contre elle.
«Mme Hanoune n’a ni conspiré ni comploté contre l’institution militaire et son haut commandement», a indiqué Maître Khane en précisant que le «complot contre l’Armée est selon l’article 284 du Code militaire puni par une peine allant de 5 à 10 ans de réclusion criminelle et que le «complot contre l’Etat est passible de peine capitale selon l’article 77 du code pénal». «Le parquet militaire écoute les témoins sur cette affaire et les chefs d’inculpations peuvent changer en fonction de l’évolution de l’enquête», souligne pour sa part Maître Boudjemaâ Ghechir, lui aussi membre du collectif de défense. «La prévenue peut être jugée sur d’autres chefs d’inculpations qui impliquent inéluctablement le recours à d’autres articles de lois», poursuit Maître Ghechir qui insiste sur le fait que la secrétaire générale du PT «n’a aucunement enfreint la loi ni ne s’est rendue coupable d’actes attentatoires à l’Etat et à l’Armée».
A la question si le témoignage de l’ancien général Khaled Nezzar pourrait être d’un impact sur le dossier de Mme Hanoune, l’avocat Boudjemaâ Ghechir déclare que «M. Nezzar a été convoqué comme un témoin à charge contre Said Bouteflika qu’il a accusé publiquement d’avoir voulu démettre le chef d’état-major de l’ANP Ahmed Gaid Salah». «Il a dévoilé le contenu d’une discussion qu’il a eue avec le frère et conseiller de l’ex-président de la République, Saïd Bouteflika, les 7 et 30 mars derniers». Cela n’a pas de lien avec la secrétaire générale du PT. Les chefs d’inculpations retenues contre elle suivant les articles 284 du code de justice militaire et 77 du Code pénal peuvent changer en fonction de l’évolution de l’enquête, a-t-il ajouté en substance.
Pour rappel Louisa Hanoune est placée en détention préventive depuis le 9 mai dernier. Selon Maître Rachid Khane, un des membres du collectif, elle est «en bonne santé et elle a un bon moral».