La restauration de La Casbah d’Alger a, encore une fois, déchaîné les passions sur les réseaux sociaux, suite à la diffusion d’un communiqué du ministère de la Culture, repris avant-hier par l’APS, qui a enflammé la toile, en déclenchant des spéculations et des commentaires acerbes et sans complaisance pour la nouvelle ministre de la Culture et son staff. L’étincelle de cette nouvelle polémique a été déclenchée lorsque l’APS a rapporté, mardi dernier, que «la ministre de la Culture, Meriem Merdaci, et l’ambassadeur de Cuba à Alger, Clara Margarita Pulido Escodell, ont convenu mardi à Alger de la mise à profit de l’expérience cubaine dans la restauration de La Casbah d’Alger. Examinant les voies et moyens de renforcer la coopération bilatérale dans le domaine culturel, les deux parties ont convenu de conclure «dans les semaines à venir, un accord portant sur la restauration de La Casbah d’Alger». De cette information, la polémique a rapidement enflé affirmant que cela sous-entend que la nouvelle ministre a décidé de remplacer par une équipe cubaine l’équipe française de l’architecte Jean Nouvel, qui avait également déclenché la polémique à sa nomination, il y a quelques mois.
Si certains ont décrié la décision de Meriem Merdaci, notamment à cause de la barrière de la langue, d’autres ont soulevé le manque de logique dans le choix cubain d’un point de vue de la maîtrise et de l’expérience dans le domaine architectural. D’autres personnes ont également attisé les débats en postant des commentaires où il est suggéré que la décision de la nouvelle ministre de la Culture est en fait une conséquence directe de la disgrâce de Zoukh, l’ancien wali d’Alger. Au final, toute cette agitation qui a fait couler beaucoup d’encre, ou plutôt chauffer les claviers, n’est qu’une tempête dans un verre d’eau, à cause de la rédaction d’un communiqué qui peut prêter à confusion.
En effet, un responsable du ministère de la Culture nous a expliqué, hier, que cette coopération, si elle est conclue, devra s’«ajouter pour le cas de La Casbah d’Alger, au projet de «revitalisation» de la vielle ville, réunissant depuis sa signature en décembre dernier la région Ile-de-France, les «Ateliers Jean Nouvel» et la wilaya d’Alger. Ce responsable du ministère nous a précisé que de fausses interprétations avaient été faites du communiqué du secteur, notamment sur les réseaux sociaux. Il nous explique par ailleurs que l’idée d’un partenariat avec Cuba remonte à janvier 2018, suite à la «conférence internationale sur la conservation et revitalisation de La Casbah d’Alger», organisée à Alger sous l’égide de l’Unesco.
Le responsable souligne ainsi que les experts cubains avaient notamment mis en avant le programme de préservation de la Habana Vieja (la Vieille Havane) sur une superficie de 200 hectares, avec plus de 3 000 immeubles et quelque 100 000 habitants. Notre interlocuteur rappelle également qu’«en 2018, lors de la rencontre dédiée à La Casbah, qui avait réuni des experts étrangers, notamment cubains, il avait été mis en avant leurs actions dans leurs pays respectifs», ajoutant que «l’un des aspects de l’approche cubaine qui nous a le plus intéressés est la façon dont ils intègrent la société civile, les habitants de chaque quartier dans les programmes de restauration». Il nous souligne aussi que cette collaboration devrait, par ailleurs, s’étendre au-delà de la seule Casbah d’Alger. «Nous pourrons bénéficier de cette expérience pour La Casbah d’Alger et pourquoi pas pour d’autres sites ou bâtisses». Il est par ailleurs précisé, pour conclure, que les chantiers concernant la vielle ville d’Alger sont toujours en cours sous la tutelle de la wilaya d’Alger et que la décision d’enrichir la prise en charge du patrimoine grâce à l’expérience cubaine ne remettant
pas en causes las partenariats avec d’autres pays.