Le site archéologique Mersa Eddadjadj (Port-aux-Poules), à ne pas confondre avec le Marset El Hadjadj à Oran, s’étendant sur près de sept hectares à Zemmouri El Bahri, à l’est de la wilaya de Boumerdès, a bénéficié «dernièrement» d’un programme visant à assurer «sa sauvegarde et sa prise en charge», a fait savoir Koudid Abdelâali, le directeur de la direction de la culture de la wilaya (DCW). Contacté à ce sujet, le responsable de la DCW de Boumerdès nous précise que l’objectif était aussi de «réfléchir au devenir» d’un patrimoine historique remontant, semble-t-il, à la préhistoire, avec notamment la possibilité à long terme de créer un musée maritime.
Révélé en 2006, suite à une opération de prospection entreprise par la direction de la culture de Boumerdès et par l’association Souagui, le site archéologique de Mersa Eddadjadj a été classé sur la liste du patrimoine national culturel en 2016, avant de bénéficier en 2017 de fouilles réalisées par des experts de l’institut national d’archéologie. Le site historique est néanmoins, resté longtemps «à l’abandon». Le directeur de la DCW précise en ce sens que «depuis 2006 le site n’a pas été protégé comme il aurait fallu. A part quelques fouilles qui ont été faites par l’université ou par le Cnra, le site n’a pas réellement été pris en charge».
Quant au présent projet, initié par la structure dépendant du ministère de la Culture, une étude déjà confiée à un bureau d’étude algérien, il vise précise-t-on à «l’élaboration d’un plan de sauvegarde» que le responsable décrit comme une première étape dans le processus de prise en charge du site. Concrètement, il s’agit d’aboutir à une délimitation précise du site, mais également de réfléchir à l’avenir du lieu selon les recommandations auxquelles aboutira le plan. «Nous pourrons, ensuite, lancer ultérieurement des fouilles archéologiques approfondies», explique en substance le responsable.
Sur le site historique, inscrit sur la liste supplémentaire des biens culturels de la wilaya de Boumerdès, les premiers résultats des recherches entreprises ont déjà révélé que le site avait connu une importante activité humaine dès la période préhistorique et plus encore durant les époques romaine phénicienne ou islamique. Elles ont mis au jour des fragments de poteries, de vestiges de mur, de pierres calcaires ou encore des pièces de monnaie de l’époque numide.
Par ailleurs, quant à l’évolution de la dénomination du site, Koudid Abdelâali a fit savoir à l’APS que les sources historiques montrent que «ce site s’appelait Rusubikari à l’époque romaine et fut un important comptoir de négoce à l’époque des Phéniciens en raison de sa prospérité», le nom de Mersa Eddadjadj (Port-aux-Poules) étant plus récent, il date de l’époque islamique, et fait également référence à l’importance économique et commerciale du site.