Les souscripteurs LPP et LSP se sont rassemblés, hier, devant le ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, pour revendiquer leur droit aux logements qui ne leur sont pas encore octroyés. Les souscripteurs LPP ont appelé la tutelle à supprimer, tout d’abord, l’article relatif au fichier national, qui est, selon eux, à l’origine de nombreux cas d’injustice.
Ils ont fait état de plusieurs affaires d’exclusion de souscripteurs alors qu’ils ont honoré la totalité du prix de leur logement. «Pour payer ces appartements, nous avons contracté des crédits bancaires que nous continuons à rembourser. Est-ce juste de rembourser le prix d’un logement qu’on nous a enlevé sous prétexte que nous avions hérité d’un terrain ? Est-ce logique ?», s’interrogent-ils. Ces derniers revendiquent, également, à travers des slogans, les prix originels du mètre carré des logements LPP, à savoir 45 000 DA/m2 au lieu de 90 000 DA/m2 actuellement, ainsi que l’octroi d’appartements de qualité. A ce propos, les manifestants jugent les logements LPP de très mauvaise qualité. «C’est la qualité qui aurait pu justifier les prix élevés des logements LPP.
Mais la qualité est en deçà des attentes. Pour nous, c’est de l’escroquerie, voire du vol», estiment-ils. Ils appellent, par ailleurs, les pouvoirs publics à faire respecter les délais de réception de ces logements et à proposer d’autres dispositifs de remboursement des crédits qui ne soient pas contraires à la religion islamique. Les souscripteurs LSP Draria ont fait part d’une situation bien pire que celle des LPP. Cela fait 12 ans qu’ils attendent leurs logements alors que ces derniers sont payés en totalité. «Le projet remonte à 2008 et devait être réceptionné en 2012. Nous avons payé la première tranche, puis les mensualités, 80 millions de centimes au total.
C’est le prix de ces logements. On nous a même remis nos actes de propriété mais pas les clés. Depuis 2012, on patiente. Mais jusqu’à quand ?», soulignent-ils.
D’après ces souscripteurs, qui se sont regroupés depuis quelque temps en association, le retard dans la livraison des logements est dû à la défaillance de la première entreprise de réalisation, à savoir Batijec. «Les chantiers ont été confiés, après la défaillance de la première, au groupe Benhamadi, propriétaire de Condor. Mais ce dernier n’a pas achevé la totalité des ilots. Pis, les logements achevés ont été vendus à des particuliers entre 1,2 et 1,5 milliard de DA», dénoncent-ils.
Récemment, indiquent-ils, le staff technique de cette entreprise de réalisation leur a appris que les comptes de cette dernière sont bloqués et que, pour l’instant, il est impossible à ce groupe d’achever les chantiers. «Le ministère de l’Habitat n’a pas voulu nous recevoir, assurant que cette affaire relève de la wilaya et non de son département.
Mais nous n’allons pas baisser les bras. Nous allons observer un sit-in, lundi prochain, devant la direction du logement puisque c’est elle qui a été notre vis-à-vis», annoncent-ils.n