Même si cette année quelques séries télévisées sont arrivées à accrocher le téléspectateur et faire monter l’audimat des chaînes privées, le public n’a pas échappé non plus à quelques productions où la qualité a manqué cruellement.

Mois de surconsommation par excellence, le Ramadhan, c’est aussi le mois de la réconciliation avec la Télévision algérienne qui, à travers ses nombreuses chaînes, tente tant bien que mal de présenter un programme acceptable. Ayant été longtemps habitué à la médiocrité ramadhanesque, c’est avec grand plaisir que le public algérien découvre, cette année, des séries télévisées qui arrivent à l’accrocher et faire monter l’audimat des chaînes privées, y compris sur youtube, où certains épisodes de séries ont atteint les 2 millions de vues, une première dans l’histoire de la TV. Cependant, en plus des séries phares sur lesquelles tablent les chaînes, le public n’a pas échappé à quelques productions télévisées où la qualité a manqué cruellement. Cette année a aussi été celle des déceptions, notamment avec le big flop que rencontre actuellement la super production algéro-turque «Raïs Corso», annoncée en grande pompe. Dès la première diffusion de la série sur la chaîne Ennahar TV, le public a désenchanté.

«Ouled el Hlel», le feuilleton coup de poing !
Il s’agit certainement de l’un des meilleurs produits télévisés de ces dix dernières années, «Ouled El Hlel» (les enfants du bien) diffusé sur la chaîne Echorouk+, réalisé par Nasreddine Sehili et écrit par Rafika Boudjeddi sur une idée originale d’Aymen Djouad, captive depuis le début du mois béni l’attention de milliers d’Algériens. Il faut dire que tous les ingrédients sont réunis pour assurer le succès de ce produit qui répond aux standards universels. Tournée dans sa majorité dans le mythique quartier El Derba, à Oran, la série nous fait déambuler à travers les ruelles étroites de ce quartier populaire où règnent en maître la pauvreté, la rapine et la drogue. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le public y découvre des habitants droits et profondément attachés à leurs valeurs. Merzak (Abdelkader Djeriou) et Zinou (Youcef Sehaïri), deux bandits justiciers débarquent dans le Derb pour percer un vieux secret familial. L’histoire se complique pour eux face un puissant baron de la drogue Si Khaled (Mustapha Laaribi). A la prestation des acteurs juste magistrale, s’ajoute une mise en scène esthétique et des dialogues fluides. Néanmoins, le feuilleton n’a pas manqué de susciter la controverse par des scènes de violences et d’autres jugées osées. Décrié par certains, qui le jugent «offensant» aux habitants de l’Oranie, applaudi par d’autres qui l’estiment «sincère et fidèle» à la réalité, il a au moins le mérite de ne laisser personne indifférent.

Une coproduction pour sauver la mise
Coproduction algéro-tunisienne, le feuilleton «Macha3er» (sentiments) a aussi séduit une large partie des téléspectateurs. Diffusée sur Ennahar Tv, qui a essuyé un échec cuisant avec «Raïs Corso», dont elle a racheté les droits de diffusion alors qu’il a été produit par Echorouk Tv, le feuilleton «Macha3er» est réalisé par le Turc Muhamet Gok et produit par Ninty4. Réunissant une pléiade d’artistes algériens et tunisiens, Hassan Kechach, dont la notoriété a explosé depuis son rôle de Hassan dans «El Khawa», Nabil Asli, qui crève l’écran dans son rôle de psychopathe, la Tunisienne Meriem Ben Chabane ainsi que Sarah Lalama, dans les rôles principaux, le feuilleton tourné entre le sud algérien, Oued Souf, et la Tunisie, raconte l’histoire de Zahra (Sarah Lalama) qui s’enfuit le jour de son mariage, laissant Ammar (Nabil Asli) en plan. Arrivée àTunis, la jeune fugitive fera une série de rencontres qui changeront sa vie mais c’est compter sans l’arrivée de son ex-mari qui la cherche partout. Bien que techniquement le feuilleton n’a rien à envier aux supers productions turques (l’influence est très visible), les téléspectateurs ont vite relevé certaines incohérences et lenteurs dans le scénario. Malgré la faiblesse observée dans le jeu de Sarah Lalama, le reste du casting a parfaitement assuré. c’est le cas de Nabil Asli qui est juste époustouflant dans son rôle de psychopathe.

Caméras cachées, le dérapage de trop !
Bien que la présence de la violence a été considérablement réduite dans les caméras cachées 2019, le public algérien a découvert avec stupeur la caméra cachée «ichtchouf» diffusée sur la chaîne privée Numedia Tv et qui met en scène des adolescentes de 13, 14 ans en train de se faire accoster par un jeune homme, présenté comme star des réseaux sociaux. Il s’agit de l’animateur TV très controversé, Islem, qui a à plusieurs reprises dépassé les lignes rouges, notamment dans ses émissions et caméras cachées.
Le jeune homme entre en contact avec de jeunes adolescentes, leur fixe rendez-vous et au moment de leur rencontre, il se présente à bord de son véhicule et demande à sa victime de monter. Au moment où la fille s’exécute, elle découvre que ses parents sont dans le véhicule du jeune homme, et c’est là que tout part en vrille. On assiste à des scènes terribles de confrontation entre père et fille. Faisant de l’atteinte aux mineures un produit de divertissement, «IchTchouf» a choqué plus d’un. Ils sont d’ailleurs nombreux à appeler à l’arrêt de cette émission et la suspension de l’animateur. Encore une fois, l’autorité de la régulation de l’audiovisuel a brillé par son absence et manque de réactivité après la diffusion de cette émission dont le contenu est plus que condamnable.