Environ 30 personnes, entre manifestants et policiers, ont été blessées, mardi, lors de violents affrontements qui ont éclaté entre 13h et 18h entre protestataires et forces de l’ordre. Des dégâts matériels importants sont également signalés.

Des dizaines de blessés entre citoyens et policiers ont été enregistrés dans les affrontements qui ont eu lieu mardi à Adrar. Le siège de la daïra de Tinerkouk, dans la wilaya d’Adrar, a été incendié par les habitants de cette localité après l’intervention brutale des forces de l’ordre contre les jeunes manifestants pacifiques.
Les événements ont débuté, dimanche 12 mai, lorsque les hommes en uniforme ont tenté de dégager le sit-in pacifique tenu depuis un mois, à proximité des forages de l’Entp et l’Enafor, par les demandeurs d’emploi, suite aux promesses d’embauche non tenues par les responsables locaux et pour dénoncer la corruption qui sévit au sein de l’agence locale de l’emploi.
Les citoyens ont également réclamé le départ du chef de daïra de Tinerkouk, accusé lui aussi de corruption et d’injustice envers les jeunes de la région. Le lendemain, les forces de l’ordre s’en sont violemment prises aux protestataires, qui ont répliqué par la fermeture des sièges de la commune et de la daïra de Tinerkouk, 270 km au nord-est d’Adrar, en érigeant un mur en parpaing. Le chef de daïra aurait ordonné l’arrestation des jeunes protestataires. Le mardi 14 mai, les habitants de cette commune sont sortis dans la rue pour dénoncer la violente répression policière, à coups de matraque, et pour réclamer la libération des détenus. A l’aide de pneus, de bacs à ordure et de pierres, ils ont bloqué la route. Ils étaient des centaines entre jeunes, vieux, chômeurs et fonctionnaires, assis pacifiquement sur la route et les trottoirs depuis le matin. Vers 13h, les forces de l’ordre sont intervenues avec des gaz lacrymogènes et ont tiré avec des balles en caoutchouc pour disperser les citoyens et dégager la voie. Pour se venger, les protestataires ont mis le feu aux locaux de la daïra de Tinerkouk et aux deux véhicules qui se trouvaient dans le parc auto, nous diront des témoins. Plus de 25 blessés ont été enregistrés dans les deux camps, selon nos sources.
Selon les habitants de la région, de grandes entreprises nationales pétrolières et étrangères, comme Halliburton, Schlumberger, Total, Cepsa et autres, outre 20 sociétés nationales conventionnées avec Sonatrach, sont implantées sur le territoire de la wilaya, mais les jeunes de la région sont exclus de tout recrutement. Des promesses ont été faites, mais jamais tenues, laissant des centaines de jeunes en dépression et souffrance, adossés aux murs. Ce qui a rendu la situation insupportable. Ils mènent depuis un mois un sit-in pacifique avec l’espoir d’attirer l’attention des autorités. Les affrontements ont pris fin vers 18h mais la tension demeure vive.