par Hichem Laloui
Intervenant, hier, au forum de Liberté, Ali Laskri, coordinateur de l’Instance présidentielle du Front des forces socialistes (FFS), a estimé que «l’assemblée constituante est une condition sine qua non pour restituer au peuple son droit à l’autodétermination et mettre sur pied un Etat de droit », faisant référence aux propositions faites par le FFS, notamment en 2001 et en 2004. «L’Assemblée nationale constituante est une institution collégiale, dont les membres sont les représentants du peuple librement élus », a-t-il indiqué, avant d’ajouter que concernant la mission des personnes désignées à y siéger, « est la rédaction d’une Constitution », qui définira «l’organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics et des institutions». Laskri plaide pour un référendum pour l’adoption de la nouvelle Constitution. Cette Constituante garantira la mise sur pied des institutions souveraines, préparera des élections libres et transparentes. Dans l’Initiative politique pour l’avènement de la 2e République, rendue publique par le FFS, il est fait référence au dialogue qui devrait se tenir « à travers une conférence souveraine», avec la participation « de tous les acteurs politiques, sociaux, syndicats autonomes, des personnalités nationales indépendantes, des universitaires, des représentants du mouvement citoyen dans toutes ses composantes ». Le FFS préconise l’arrêt des harcèlements judiciaires et des menaces contre les militants politiques, associatifs, syndicaux, ceux des droits de l’homme, des journalistes…, la libération de tous détenus politiques, ainsi que l’arrêt du bradage des richesses nationales. Le FFS considère que l’un des gages de réussite de cette conférence souveraine de dialogue national est l’engagement de tous les participants autour d’un « pacte politique » qui consacrera, détaille Ali Laksri, « la consécration des idéaux de Novembre et des résolutions de la Soummam, qui définissent la construction démocratique, l’instauration de la paix, de la démocratie, de la justice sociale et de l’Etat de droit ». Le FFS plaide, également, pour le respect des droits de l’Homme, la non-utilisation de la religion à des fins politiques, le droit d’association, la séparation des pouvoirs et l’organisation d’élections libres et honnêtes. L’initiative du FFS rejette, par ailleurs, la violence comme moyen d’expression. Concernant les institutions de la transition, le FFS estime qu’elles seront chargées de gérer une période qui soit la plus courte possible. Il appelle à la mise sur pied d’une convention nationale de suivi et de contrôle de la transition et sera chargée de veiller à l’application effective des mesures prises d’un commun accord concernant les engagements contenus dans le pacte politique, une instance de suppléance qui sera chargée de représenter l’Etat, de légiférer par ordonnance sur les questions d’intérêt national. « Un gouvernement de transition qui sera investi par la convention nationale devant laquelle il est responsable », appelle le FFS, estimant que le Sénat et le Parlement, « deux béquilles du système, doivent être dissous au terme de la mandature présidentielle actuelle ». Afin d’assurer un aboutissement aux différentes propositions de sortie de crise, Ali Laskri a estimé que les acteurs politiques et sociaux autonomes « doivent entamer des contacts et des rencontres en vue de la tenue d’une conférence souveraine du dialogue». Concernant le rôle de l’armée, Laskri a estimé qu’elle « n’a pas le droit de s’immiscer dans l’arène politique ». Et que son rôle est celui de «garantir le processus de transition », considérant que l’Armée doit se mettre au diapason de la rue, qui veut une alternative démocratique au système. « Les soldats de l’Armée sont les fils du peuple », a-t-il encore dit, appelant à « réinventer » la confiance entre le peuple et son armée, dont la mission constitutionnelle « est la protection du territoire, la défense de la sécurité et de l’intégrité du pays ». Dans la foulée, l’invité de Liberté a considéré que l’une des résolutions du Congrès de la Soummam, à savoir la primauté du militaire sur le politique, se pose avec acuité. Concernant le mouvement de rue, Ali Laskri a estimé que l’étincelle déclenchée depuis Kherrata puis, l’irruption révolutionnaire du 22 février, « ont surgi comme la consécration la plus aboutie et la plus savante d’un processus de cristallisation de tous les combats démocratiques antérieurs que notre histoire contemporaine a longuement connu ».