Demain sera un autre rendez-vous dans la contestation pour le changement. Ceux qui tablaient sur un essoufflement de la protesta en ont eu pour leurs frais. Chaque semaine, ceux qui « vendredissent » sont plus nombreux, et encore plus pour les étudiants qui « mardissent » hebdomadairement.
Force est de constater cependant que l’attachement à la voie constitutionnelle et le maintien de la date du 4 juillet pour faire parler les urnes sont loin de tracer une voie de solution à la crise qui tend à s’installer dans la durée. C’est d’autant plus problématique que le gouvernement Bedoui peine à rendre visible son action publique, alors que les préoccupations citoyennes sont exposées sur la place parfois de façon violente.
Pendant ce temps, des pans importants de la classe politique, affolée et déroutée par l’ampleur du mouvement populaire en cours, ne savent plus sur quel pied danser.
A l’image, bien entendu, de Makri qui se contredit chaque jour, Djaballah qui n’en finit plus de changer de chéchia, de Ghouini qui soutient tout ce qui bouge…
Ce sont là autant d’exemples des idées exsangues d’une classe politique qui souffle le chaud et le froid. Pour des observateurs, il ne s’agirait là que d’une illustration parfaite de l’époussetage opéré par Bouteflika qui a réussi à faire marcher au pas toutes les ombres de ladite opposition.
Un dialogue de sourds est donc pour le moment le seul marqueur d’un jusqu’auboutisme des uns et des autres entre le Hirak devenu adepte du tout ou rien et les tenants du pouvoir politique qui veulent garder le cap du 4 juillet.
Et comme dans toutes les révolutions, chaque tête qui émerge du lot de la foule est quasiment coupée. Taleb Ibrahimi, Zeroual, Hamrouche, Karim Tabbou, Ali Ghediri, Rachid Nekkaz et même Gaïd Salah, pour ne citer que ceux-là, voient leurs procès publics s’afficher tous les mardis et vendredis. Seuls pour le moment Bouchachi et Benbitour trouvent une certaine grâce aux yeux du Hirak.
Pourtant, des gestes simples de la part du pouvoir politique sont sans doute de nature à faire renaître un minimum de sérénité pour pouvoir enclencher un processus de règlement de la crise.
Et qui déboucherait sur l’amorce d’une période de transition. Cette période pourrait jeter les balises pour trouver réponse à ses revendications.
Mais pour le moment, c’est l’expectative. En attendant un vendredi… 13.