Le Collectif pour un renouveau algérien du cinéma (Crac) dénonce, dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, le fait que plus de vingt productions algériennes ont été diffusées sur une chaîne Youtube illégalement. Il s’agit, selon les membres du Collectif, de la chaîne Intaj Digital, créée le 24 mars 2019 par la société Intaj Mohtawayat. Suite à la sonnette d’alarme tirée par le collectif des professionnels du cinéma, les films ont été rapidement retirés par le ministère de la Culture, selon le communiqué, qui souligne, toutefois, qu’«il n’en reste pas moins que, durant deux mois, cette société de création de contenu digital a illégalement diffusé des œuvres de cinéma, entre longs et courts métrages de fiction, ainsi qu’un grand nombre de documentaires». A propos de cette affaire, les membres du Crac expliquent qu’ils ont «fortuitement appris dernièrement que des films algériens, produits ou coproduits par l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (Aarc) et le Centre algérien pour le développement du cinéma (Cadc), avaient été mis en ligne et en libre visionnage sur une chaîne Youtube, appartenant à une société qui génère du contenu digital, sans en avoir informé les producteurs et les réalisateurs de ces films, enfreignant ainsi la loi et bafouant les droits d’auteur de plus de 20 producteurs». Le collectif a contacté l’un des responsable d’Intaj Digital, sa réponse a été que «la société a signé un contrat avec le Cadc lui donnant le droit de diffuser lesdits films sur le Net». Le collectif ayant contacté également le ministère de la Culture, pour avoir plus d’explication, a découvert, selon la même source, que le ministère «n’était pas au courant de cette affaire et a demandé immédiatement le retrait des films en question. Chose qui a été faite».
Par ailleurs, suite à cette affaire de diffusion illégale des productions algériennes, les membres du collectif ont mis également en exergue le fait qu’ils sont «très inquiets de la situation, et demandons au ministère de la Culture, détenteur en partie des droits de ces films via l’Aarc ou le Cadc, d’éclaircir au plus vite la situation quant à cette affaire». Avant de poursuivre que «respecter les droits des auteurs, réalisateurs et producteurs sur leurs œuvres est le fondement, la base, de l’industrie que nous voulons contribuer à voir émerger. Les responsables de cette affaire doivent rendre des comptes».
Parmi les films qui ont été diffusés illégalement sur la plateforme numérique en accès libre pour le grand public sur le Net, le communiqué cite notamment les longs métrages «Jusqu’à la fin des temps» de Yasmine Chouikh produit en 2017, «Le Puits» de Lotfi Bouchouchi sorti en 2016, «Yema» de Djamila Sahraoui produit en (2013), «La Preuve» d’Amor Hakkar (2013). Des courts métrages algériens ont également fait les frais de cette spoliation des droit d’auteur, à l’instar de «Je te promets» de Mohamed Yargui, «le Hublot» de Anis Djaâd, «Nsibi» ou (mon beau-frère) de Hassene Belaid, «Les Ramiers blancs» d’Ali Mouzaoui ou encore «Lalla Z’bida» de Yahia Mouzahem. n