Ce 16  mai coïncide avec la seconde édition, de la « Journée internationale du vivre-ensemble en paix », proclamée en décembre 2017, à l’unanimité, par l’assemblée générale des Nations Unies sur une proposition de l’Algérie. Un acquis considérable et d’une grande envergure dont l’initiateur est Cheikh Bentounes, le guide de la confrérie soufi « Alawiya ».  C’est lui, via sa Tariqa et l’ONG AISA, qui étaient derrière le lancement du « projet ». Durant des années des efforts ont été déployés pour concrétiser cette journée au niveau onusien. Plusieurs actions avaient été déployées. L’une d’elles était la création du prix «Emir Abdelkader», à Mostaganem, en novembre 2015.

La figure du fondateur de l’Etat algérien a été toujours très importante chez les Alawiya. Tellement importante que le 16 mai coïncide (par hasard !) avec une date cruciale dans le parcours de l’Emir Abdelkader. C’était en 1843, et ce jour là le chef de la Tariqa Qadiria, et le combattant infatigable qu’il était, avait perdu sa capitale ambulante, la fameuse Smala. C’était lors d’une attaque surprise de l’armée coloniale, emmenait par le Duc d’Aumalie, (fils du roi français de l’époque, Louis-Philippe), sur les camps de l’Emir, dans lesquelles se trouvaient des milliers de personnes, entre hommes de toutes conditions, femmes, enfants, et des combattants. Une victoire dont s’est glorifiée l’armée française très longtemps.

C’était pour elle la mise à sac d’un des symboles de la lutte de l’Emir, la smala, une ville mobile stratégique, et grâce à laquelle les combattants algériens avaient fait subir aux français de grandes pertes et des défaites militaires historiques. L’armée coloniale en était tellement fière qu’un tableau de propagande, réalisé par Horace Vernet, représentant l’assaut est exposé au musée du château de Versailles.

Le tableau de Horace Vernet

Ce « «Prise de la smala d’Abdelkader » est le plus grand tableau du 19e siècle : 21,39 m de large et de 4,89 m de haut. Le Roi voulait absolument, dans une stratégie de propagande, glorifier ce « moment ».

Quatre ans et sept mois après cette attaque militaire, en décembre 1847, l’Emir signait l’armistice. C’était le début d’une autre vie pour lui. Celle de la trahison des français qui n’avaient pas tenu parole, et surtout celle du grand soufi reconnu qu’il était devenu depuis qu’il s’est installé à Damas (Syrie). Une envergure mystique rayonnant dans le monde jusqu’à ce jour. N’est-il pas considéré comme l’un des principaux, si ce n’est le principal, disciple d’Ibn Arabi ! D’ailleurs l’aspect mystique dans les œuvres de l’Emir n’est pas perceptible uniquement dans ses actions (après avoir été exilé de l’Algérie) ou dans ses écrits (Kitab al-Mawakif). La smala elle-même en est l’un des aspects les plus importants.  N’est-elle pas composée de cercles concentriques, des formes géométriques si chères aux soufis…

@SalimKoudil

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