A moins de deux mois du rendez-vous électoral du 4 juillet, l’impasse algérienne semble actée. A part quelques voix, parmi les courants politiques exerçant sur la scène politique nationale, plaidant la nécessité d’aller aux urnes comme prévu par l’article 102 de la Constitution, il y a comme une unanimité sur l’impossibilité que cette voie débouche sur une solution à la crise que vit le pays. Tout le monde semble attendre la prochaine étape de cette crise et s’inscrit déjà dans cette perspective dont les contours restent toujours flous.
Il s’avère a priori inévitable de «forcer» la Constitution actuelle qui a été, il faut bien le dire, souvent mise à mal notamment depuis l’amendement de 2008 et l’éclatement du verrou de la limitation des mandats du président de la République. C’est souvent l’argument arboré par les manifestants pour répondre à ceux qui avertissent sur le danger qui guetterait l’avenir du pays en cas de sortie des termes de la Constitution en vigueur. Le temps est déjà à l’après.
Comment prendrait forme la transition qui devrait se substituer à cette option Bensalah enclenchée avec ce gros handicap qu’est l’absence d’adhésion populaire ? D’autant plus que le rejet viscéral d’un suffrage qui serait organisé par les acteurs dont les noms sont chaque vendredi chargés d’anathèmes, est pour le moins franc, massif et sans équivoque.
Il est aujourd’hui clair que les Algériens ne renonceront pas au désir du changement escompté. Celui de voir accéder leur pays à un fonctionnement à la mesure de l’ambition du plus grand nombre notamment la jeunesse. Pour un système plus démocratique et une rupture radicale d’avec les pratiques anciennes. Reste à savoir comment trouver un aboutissement consensuel pour revenir vite au fonctionnement normal des institutions du pays. C’est le plus grand défi qui attend les Algériens lors des prochaines semaines. Un défi tant pour les décideurs actuels, à leur tête l’institution militaire, mais surtout pour l’opposition et aussi les personnalités consensuelles du Hirak.
Il est inéluctable qu’un retour vers la légalité de l’urne est, tôt ou tard, la seule voie de sortie de crise possible avec le préalable de ne pas retomber dans le piège du pouvoir personnel.