Des avocats ont organisé des actions de protestation dans plusieurs wilayas, notamment à Bouira et Tizi Ouzou, contre le système en place, l’élection présidentielle du 4 juillet et «toute atteinte aux libertés individuelles et collectives».
Les Robes noires de la wilaya de Tizi Ouzou ont réinvesti la rue dans la journée d’hier. Ils ont marché du siège de la Cour située à l’entrée ouest de la ville pour finir devant le Tribunal, implanté au centre de l’agglomération, où ils ont tenu un rassemblement de quelques minutes.
Ils n’ont, certes, pas pu dans leur majorité répondre à l’appel, beaucoup officiant dans les juridictions de l’intérieur de la wilaya ont été retenus par leur obligations professionnelles (audiences non gelées), mais ils ont réitéré leur détermination à rester mobilisés et à revenir dans la rue, hors de la marche hebdomadaire du vendredi, pour «maintenir la pression» sur les tenants de la décision qui persistent à faire la «sourde oreille devant les revendications du peuple qui exige un changement radical et une rupture avec le système». «Notre action s’inscrit dans la poursuite de notre engagement dans la dynamique populaire (…) nous restons mobilisés pour le rejet de toutes atteintes aux libertés individuelles et collectives», a confié Me Salah Brahimi, président de l’Ordre des avocats de Tizi Ouzou. Sortir ici et maintenant prend une signification particulière pour les avocats qui sentent la nécessité de maintenir intacte la mobilisation en ces moment précis où la révolution populaire fait face à des défis majeurs.
Non pas à cause du Ramadhan, mais en raison de l’absence de lisibilité dans la démarche des tenants de la décision qui reste marquée en surface par des procès en série contre certaines figures politiques et sécuritaires.
Des procès qui faut-il le dire ont produit un effet inverse que celui escompté. L’opinion étant convaincue que la mise en action de la justice s’inscrit dans une logique de règlement de comptes politiques entre clans sous couvert du mouvement populaire. Un point de vue exprimé par le bâtonnier de Tizi Ouzou, Me Salah Brahimi. «Les avocats, qui se considèrent la voix du peuple, ont la responsabilité et le devoir de prendre position en ces moments cruciaux et déterminants pour l’avenir de l’Algérie. Se taire, c’est se rendre complice de l’injustice et de l’arbitraire. Nous restons mobilisés et allons maintenir la pression jusqu’à l’instauration d’une véritable démocratie et de l’Etat de droit. Nous restons aussi mobilisés pour libérer la justice qui est toujours instrumentalisée par les tenants du pouvoir comme c’est le cas avec les procès et les arrestations auxquels nous assistons ces derniers jours. Des procès qui démontrent que la justice est instrumentalisée non pour lutter contre la corruption mais pour le règlement de comptes politiques et claniques», dira Me Salah Brahimi, tout en se félicitant de «la position courageuse prise par quelques magistrats qui demandent la fin de la justice aux ordres et qui fonctionne au téléphone.» D’autres messages ont été délivrés par les Robes noires qui ont brandi des slogans hostiles à la tenue du scrutin présidentiel et pour le départ total du système. Les Robes noires ont réitéré leur soutien indéfectible au mouvement populaire et affiché leur détermination à rester mobilisés jusqu’à l’aboutissement de toutes les revendications du mouvement révolutionnaire. n