L’avocat de l’ex-général Hocine Benhadid en détention provisoire depuis le 12 mai dernier a commenté, hier, pour « Reporters », les conditions d’incarcération de son mandant. Maître Bachir Mecheri, qui a rencontré l’ancien haut gradé de l’APN lundi 13 mai, a déclaré qu’il « a le moral, mais que son état de santé n’est pas rassurant ». L’avocat va plus loin dans son constat et affirme craindre une répétition du
« cas Mohamed Tamalt » et voir la
« vie de son client menacée » en raison de sa condition physique et de sa maladie « qui ne lui permet pas de supporter » la situation d’incarcération dans laquelle il se trouve.
Le journaliste Mohamed Tamalt, rappelons-le, est mort durant sa détention au pénitencier d’El Harrach en décembre 2016 après des complications dues à son état de santé. Son affaire « restera comme un point noir dans les annales de la justice », a commenté l’avocat de l’ancien général Benhadid. « On ne veut pas d’une deuxième affaire Tamalt », a-t-il poursuivi pour illustrer la situation délicate dans laquelle se trouve son client, selon lui.
Maître Mecheri a dit « regretter que l’on place en prison un homme malade et qui, de surcroît, n’a rien à se reprocher sauf si on considère que c’est un délit que d’exprimer publiquement une opinion politique ». A ce propos, il a déclaré que son client, l’ancien général à la retraite, ne regrette pas d’avoir adressé une lettre publique au chef d’état-major au sujet de la crise politique que connait le pays. Et qu’il n’est pas son adversaire.
«Je soutiens toujours le chef de l’état-major même s’il s’avère que c’est lui qui a commandé mon arrestation» m’a dit le général Benhadid», a déclaré Maître Mecheri rapportant les déclarations de son client. D’après l’avocat, l’ancien général considère que Gaid Salah est l’homme qui a fait « tomber Bouteflika et ses frères » et « qu’il n’a pas de désaccord avec lui » à ce sujet. A travers sa lettre, « il n’avait pas d’autre intention que de soutenir le chef d’état-major dans la recherche d’une solution à la crise d’autant que Gaïd Salah a lui-même exprimé sa disponibilité au dialogue », a encore souligné Maître Mecheri. L’avocat estime que l’initiative de son client « a été volontairement mal interprétée» par « des cercles de l’ancien régime qui continuent d’agir ». Pour rappel, dans sa lettre publique, l’ancien général Benhadid avait considéré le 25 avril dernier que « le cantonnement dans une solution exclusivement constitutionnelle ne peut que prolonger la survie politique d’un système honni par toute une nation ». Il défendait la possibilité d’une sortie de crise via un processus transitionnel.<