par O. Yazid
Une centaine de Mozabites ont organisé, hier, pour la troisième fois en un mois, un rassemblement devant le Tribunal et le siège de la wilaya en soutien aux détenus Kamel Eddine Fekhar et de physique Hadj Brahim Aouf (enseignant), hospitalisés depuis deux semaines, et qui en sont à leur 44e jour de grève de la faim. «Libérez les innocents !», «après 44 jours de grève de la faim, leurs vies sont en danger», «vous les aurez sur votre conscience», répétait sans cesse la centaine de Mozabites venus apporter leur soutien et appeler à leur libération. «Leur état de santé s’est gravement détérioré et leurs vies sont en danger. Ils sont hospitalisés depuis deux semaines à l’hôpital Dr Brahim-Tirichine de Sidi Abbaz», déclare à la presse l’un des manifestants, qui ajoute qu’«ils refusent de suspendre leur grève de la faim. Innocents, ils veulent aller jusqu’au bout, soit leur libération soit la mort en prison. Et là qui en assumera la responsabilité ?». Encadrés par un impressionnant cordon de sécurité, les protestataires ont appelé les autorités à «libérer les prisonniers d’opinion» et à éviter la répétition du drame de Mohamed Tamalt, journaliste mort en prison, faisant référence à la grève de la faim entamée depuis 44 jours par le docteur Kamel Eddine Fekhar et le professeur de physique Hadj Brahim Khiat dont l’état de santé «se serait aggravé». Signalons que les manifestants ont également réclamé la libération de quatre autres Mozabites. Après avoir organisé un sit-in de plus d’une heure devant le Tribunal, les manifestants se sont déplacés face aux grilles du siège de la wilaya, où ils ont organisé un autre sit-in, avant de reprendre leur marche du boulevard Emir Abdelkader jusqu’ à la vieille place du marché de Ghardaïa, d’où ils se sont dispersés dans le calme. Pour rappel, Kamel Eddine Fekhar et Hadj Brahim Aouf ont été interpellés le 31 mars, et après 48 heures passées dans les locaux de la police judiciaire de la sûreté de wilaya, ils ont été présentés le mardi 2 avril devant le Procureur de la République près le tribunal de Ghardaïa qui les avait déférés devant le magistrat instructeur. Le juge d’instruction les a placés sous mandat de dépôt pour les accusations d’atteinte à la sécurité nationale, incitation à la violence raciale, incitation à l’attroupement armé, outrage aux institutions de l’Etat, notamment le corps de la justice.n