Avant-hier lundi, le tribunal correctionnel d’El Kala, dans la wilaya d’El Tarf, a jugé une affaire d’octroi d’autorisation d’exploitation d’une sablière, située dans le périmètre du parc national de cette région balnéaire protégé par les lois républicaines. Les quatre mis en cause sont deux experts, le président de la Sarl Bousbia et l’ex-président de l’Agence nationale minière.

Après une plaidoirie de plusieurs heures, le tribunal a requis des peines allant d’une année à quatre années de prison ferme à l’encontre des mis en cause. Ces derniers sont accusés de divers délits « faux et usages de faux, complicité exploitation illégale d’une sablière située sur un environnement protégé ». L’affaire remonte à 2006, les autorités de wilaya de l’époque ont émis une opposition à cette exploitation en application des lois républicaines. L’affaire a traîné pendant plusieurs années et a été relancée par l’ex-wali d’El Tarf Lebka Mohamed, qui a pris les affaires de la wilaya entre novembre 2013 et 2017. Ce sont les enquêteurs du groupement de gendarmerie qui ont pris en main cette affaire et rouvert le dossier en menant une enquête, onze ans après l’accord du permis d’exploitation délivré à une Sarl privée Bousbia, par les services du ministère de l’Industrie.
Les enquêteurs ont décelé plusieurs failles dans cette affaire et des complicités de plusieurs personnes. Les quatre personnes impliquées dans cette affaire sont deux experts, le gérant de la Sarl Bousbia domiciliée à Oum Teboul dans la daïra d’El Kala, ainsi que le président de l’Agence nationale minière algérienne. Il est à signaler que la Sarl en question avait introduit un recours à l’encontre de la décision du wali qui a, en 2011, annulé l’ensemble des adjudications concernant les six sites pour exploitation de sablière en raison de leur situation sur un environnement protégé par une convention internationale. L’affaire qui traîne depuis 2011 a été renvoyée une autre fois pour le 20 du mois en cours. Le tribunal de première instance d’El Kala se prononcera définitivement après que le ministère public ait requis de peines de prison ferme pour faux usage de faux, complicité, à l’encontre des mis cause dans cette affaire déterrée après plus de onze ans.n