Décédé dans l’après-midi du lundi 13 mai, le linguiste et lexicologue Abdelhafid Idrès, 73 ans, a été inhumé hier au village de Timanachine, à 15 km au sud-est de Béjaïa. Une foule importante a assisté aux funérailles du chercheur et beaucoup de ses pairs universitaires et hommes de lettres, ainsi que des étudiants et des militants pour l’identité amazighe, ont accompagné le défunt à sa dernière demeure. Dans le cortège funèbre, une forte délégation du Haut commissariat à l’amazighité (HCA) également, conduite par son secrétaire général, Si El Hachemi Assad.
Abdelhafid Idrès, au-delà de toutes ses activités dans le domaine culturel et identitaire, s’est surtout distingué par son investissement et ses recherches en lexicographie, auréolées en 2017 par l’édition du « Grand dictionnaire français-tamazight », qui lui a valu plus de treize années de travail acharné et que d’aucuns ont considéré et considèrent comme « un travail de fourmi », dira M. Assad dans l’hommage qu’il lui a rendu. « Il a travaillé seul, il a cru en son projet et il l’a concrétisé », a-t-il soutenu, soulignant l’importance pédagogique et didactique de cette œuvre, désormais, un réfèrent lexicologique majeur. Le dictionnaire comporte, en effet, plus de 65 500 mots puisés au bout d’un compulse de centaines d’ouvrages et de glossaires amazighs dans toutes ses variations linguistiques kabyle, chleuh marocain, chaoui et Targui notamment.
Malgré l’avancement dans l’âge, la maladie, ponctué par une opération de la méningite en 2011, « Da El Hafid » comme l’apellent ses amis et intimes, n’a jamais renoncé à aller jusqu’au bout de son œuvre, en l’enrichissant également de 1500 mots nouveaux, dont un grand nombre de néologisme. Un travail publié par le Haut commissariat à l’amazighité avec le concours de l’Enag.