Des installations pétrolières ont été la cible d’attaques de drones, hier, en Arabie saoudite, faisant monter d’un cran la tension dans le Golfe deux jours après des «actes de sabotage» contre quatre navires, dont deux tankers saoudiens.

Par Hakim Ould Mohamed
Conséquemment aux attaques d’hier, l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, a suspendu aussitôt ses opérations sur un oléoduc majeur près de Ryad.
Ces attaques, revendiquées par les rebelles Houthis, ont visé deux stations de pompage, ce qui a provoqué un
« incendie » et des « dégâts mineurs » à une station, avant que le sinistre ne soit maîtrisé, a indiqué le ministre saoudien de l’Energie Khalid Al-Falih, cité par l’agence officielle SPA. Le géant pétrolier Aramco « a interrompu temporairement les opérations sur l’oléoduc » Est-Ouest reliant la Province orientale, une région saoudienne riche en pétrole, au port de Yanbu sur la mer Rouge, a-t-il indiqué. L’oléoduc d’une longueur de 1200 km a une capacité d’au moins cinq millions de barils par jour. Le ministre saoudien de l’Energie a souligné que ces « derniers actes de terrorisme et de sabotage dans le Golfe visent non seulement le royaume mais aussi la sécurité des approvisionnements pétroliers dans le monde et l’économie mondiale ». Ses propos se sont illico presto répandus comme une trainée de poudre sur les marchés internationaux, les investisseurs redoutant une interruption des approvisionnements pétroliers provenant de l’Arabie saoudite et une recrudescence des tensions régionales qui ne seront assurément pas sans conséquences sur le marché pétrolier. Le conflit au quel se livrent les deux puissances régionales, l’Arabie saoudite et l’Iran en l’occurrence, de surcroit entre deux poids lourds de l’Opep, évolue en s’aggravant et prend des proportions inquiétantes. Conséquence directe de ce regain de tension au Moyen-Orient, les cours du pétrole ont rebondi hier et les attaques de drones sur l’oléoduc saoudien y sont, bien évidemment, pour beaucoup. Vers 16h, heure algérienne, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet valait 70,93 dollars à Londres, en hausse de 70 cents par rapport à la clôture de lundi. A New York, le baril de WTI pour le contrat de juin gagnait 68 cents à 61,72 dollars. Les investisseurs gardent les yeux rivés sur la région pétrolifère du Moyen-Orient, théâtre actuellement d’une partie de géopolitique de haute voltige. Bien avant les attaques qui ont visé les infrastructures pétrolières saoudiennes, la tension entre le royaume wahhabite et l’Iran était déjà vive au lendemain de la décision de l’administration Trump de durcir ses sanctions contre le pays du Shah. L’Arabie saoudite a aussitôt promis d’augmenter sa production pour compenser la baisse de l’offre de pétrole liée aux sanctions américaines empêchant son rival régional d’exporter ses barils. Les sanctions contre l’Iran et la diminution de production volontaire de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ainsi que de ses partenaires, dont la Russie, ont participé au bond des prix depuis le début de l’année (+29,89% pour le Brent et +31,26% pour le WTI).
Mais les prix peinaient cependant à s’approcher de leurs plus hauts de l’année atteints fin avril. Cependant, si les tensions régionales au Moyen-Orient venaient à s’aggraver, il est probable que les prix du pétrole reprennent leurs tendances haussières sous l’effet d’une offre sous haute tension, alors qu’une rallonge des accords de l’Opep+ devrait se négocier dès juin entre les membres de l’Opep et leurs partenaires non-Opep.<