Elle s’appelait Davia Emelia, une adolescente malaisienne de 16 ans, et elle s’est suicidée à cause d’un réseau social. Selon le site électronique locale, « Sarawak tribune », dans son édition de ce mercredi, la jeune fille a décidé de mettre fin à sa vie après avoir demandé aux internautes qui la suivaient sur son compte Instagram de choisir si elle devait se donner la mort ou non.

Le sondage lancé a donné 69% des votants ont choisi la mort. Selon le média malaisien, et en citant la police locale, Davia Emelia s’est suicidée après avoir vu les résultats.

Une énième histoire qui vient montrer les dangers que peuvent susciter les réseaux sociaux, et ainsi les nouvelles technologies, sur les plus vulnérables. Elle rappelle une autre vécue par plusieurs familles algériennes il y a près de deux ans. La vague des suicides chez les adolescents via l’application « Blue Whale Challenge » (défi de la baleine bleue) est toujours dans les mémoires.

Cette incapacité de réagir face aux risques encourus par l’utilisation des nouvelles technologies ne concernent pas uniquement les adolescents et leurs parents. Monsieur tout le monde est touché. Les nouvelles Technologies, l’Intelligence artificielle, la réalité augmentée, l’espionnage 2.0, ne se conjuguent plus au futur. Ils sont bien là, présents, et en force. L’Algérie n’est pas épargnée par les retombées.

Le suicide de la jeune indonésienne a été annoncé le lendemain d’une information de taille qui a fait le tour du monde. Il s’agit de la découverte par les équipes de l’application de messagerie la plus utilisée au monde, « WhatsApp », d’une faille permettant d’espionner un téléphone. Les détails sont importants à connaitre. Primo l’auteur de la piraterie est une société de sécurité «israélienne», NSO. Une entreprise sur laquelle le fameux lanceur d’alerte américain, Edward Snowden, avait dit « si le groupe refusait de vendre sa technologie à l’Arabie saoudite, Khashoggi serait toujours en vie ». NSO avait permis, en lui vendant sa technologie, au royaume wahhabite, de mettre sous écoute le journaliste avant de le faire disparaître en Turquie.

Le logiciel utilisé par NSO, « Pegasus », permet à quiconque, et sur un simple appel (même si la victime ne répond pas), d’espionner l’ensemble de l’activité d’un téléphone portable. Et ici il est question de WhatsUp, une application dont les utilisateurs répétaient à satiété « c’est la plus sécurisée et on ne risque pas d’être piraté » !

Le rapport paranoïaque aux nouvelles technologies et leur impact sur le présent et futur de chacun sont indéniables. De plus en plus rares (s’ils existent encore) sont les personnes qui vivent sans appareils électronique sur eux, autour d’eux. Et comment ne pas penser aux 19 épisodes des quatre saisons de « Black Mirror » ! Une série TV aux « messages » prophétiques, et aux scénarios pessimistes. D’ailleurs, le teaser de la saison 5 (programmé pour le 5 juin prochain) a été lancé aujourd’hui même :

Au fil des années, des mois, des jours, les faits semblent donner raison à l’un des messages de la série: «Tous connectés, tous piégés».

@SalimKoudil

19h19 (2): Les portes de la manipulabilité