Une quarantaine de salariés de l’usine algéro-turque de sidérurgie Tosyali ont observé, hier matin, un rassemblement de protestation devant le siège de la wilaya d’Oran. Ces manifestants ont été licenciés du complexe et ont perdu le travail dans le sillage du mouvement social qu’a connu le site en mars et avril derniers, provoquant des arrêts répétés du travail et une forte chute de la production. A l’ordre du jour, des revendications toujours en vigueur après qu’une commission gouvernementale ait été dépêchée sur les lieux pour rapprocher les points de vue des salariés et de la direction de Tosyali, «la revalorisation des salaires et des primes, l’intégration à titre permanent des salariés recrutés par le biais de contrats de type CDD (durée déterminée) après avoir travaillé pendant des années et la cessation des licenciements abusifs».
Les travailleurs qui ont manifesté hier devant le bâtiment du wali d’Oran appellent à leur réintégration. Ils expliquent avoir repris leur travail normalement en même temps que les autres grévistes – une majorité sur un effectif de près de 5 000 salariés- avant que ne leur soit notifiée la décision de licenciement. « De l’arbitraire », ont-ils scandé hier, considérant qu’ils sont les victimes d’un « climat exécrable» entre ouvriers algériens et une direction turque « qui ne respecte pas les droits des travailleurs». Licenciés le 28 avril après avoir regagné leurs postes de travail le 21 du même mois, ils se disent « persuadés d’avoir été sanctionnés pour avoir fait des déclarations à la presse » sur l’« ambiance au sein de l’entreprise » et le « comportement esclavagiste des Turcs vis-à-vis des salariés algériens ». Les protestataires ont désigné des représentants pour aller à la rencontre du wali mais ce dernier ne les a pas reçus, selon leurs propres déclarations. Ils comptent se rendre aujourd’hui auprès des services de l’inspection du travail.