Le dispositif de contractualisation entre la Caisse nationale des assurances sociales (Cnas) et six cliniques publiques de chirurgie cardiaque entrera en vigueur en 2020. Cela a été rendu possible après des tests d’évaluation concluants menés au niveau de la clinique de Bou Ismaïl, spécialisée dans la chirurgie cardiaque pour enfants. Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale Hassen Tidjani Haddam l’a annoncé à l’ouverture d’une rencontre nationale du comité intersectoriel de concertation entre les secteurs chargés de la sécurité sociale et de la santé, qui s’est tenue hier au siège de son département et en présence du ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Mohamed Miraoui. Selon Haddam, cette contractualisation va permettre au secteur de la santé de se libérer des lourdes charges financières émanant des cliniques spécialisées, soulignant que «la formule sera un moyen efficace pour améliorer la prise en charge des malades», et que «la santé du citoyen est une priorité absolu pour le gouvernement».
Toujours à propos de cette contractualisation entre les deux secteurs, il dira : «Nous visons à travers ce dispositif à améliorer la chirurgie cardiaque en Algérie.» Il a ajouté : «Le dispositif s’inscrit dans le cadre du forfait hôpital prévu à être mis en place en 2020. C’est aussi un moyen de savoir où va l’argent de la Cnas. Je signale que la Caisse a versé aux hôpitaux pour l’exercice budgétaire 2019 la somme de 88 milliards de dinars.» Il a aussi annoncé que les centres d’imagerie de la Cnas seront dorénavant mis à la disposition des hôpitaux. «Une mesure qui vise à améliorer l’efficacité et le rendement de ces structures», a-t-il expliqué. Revenant sur la problématique du recouvrement au sein de la Cnas, M. Haddam a précisé qu’il «constitue un premier enjeu sur lequel il faut intervenir. Ensuite, il faudra nous consacrer à la réduction de la dépense». Sur ce dernier point, le ministre du Travail a jugé qu’il est temps de mettre en place une véritable politique du médicament, «si l’on veut mettre un frein au phénomène de la déperdition et du gaspillage», «mais sans remettre en cause le dispositif du tiers payant», a-t-il précisé. «Nous comptons mettre en place d’autres mécanismes, entre autres, uniformiser les prescriptions médicales», dira-t-il en clair, instaurer une meilleure collaboration entre la Cnas et les médecins prescripteurs. Pour ce faire, il faut créer, selon lui, un espace de dialogue et d’échange au niveau local, replacer le médecin généraliste au cœur du parcours de soins, donner plus d’importance à l’économie de la santé et à la réglementation en matière d’assurance sociale dans les études médicales. M. Haddam a, par ailleurs, tenu à faire savoir, concernant le volet économique de la santé, que les dépenses de la Cnas se sont élevées durant l’exercice précédent à 400 milliards de dinars, dont 220 milliards pour le remboursement des médicaments. Interrogé en marge de la rencontre pour en savoir un peu plus sur la contractualisation entre la Cnas et la clinique de chirurgie cardiaque-enfant de Bou Ismaïl, le ministre a indiqué : «Elle sera en mesure d’assurer des soins très spécifiques. Comme il est prévu que des chirurgiens étrangers accompagnent les jeunes chirurgiens exerçant dans cette clinique comme prévu dans la convention qu’elle a passée avec des groupes de médecins d’hôpitaux d’autres pays.» Une assistance tout à fait bénéfique aux malades dans l’attente de se faire opérer. Concernant la rencontre du comité intersectoriel, les deux ministres se sont félicités du niveau de coordination atteint depuis son installation par décret interministériel du 24 octobre 2017. La rencontre d’hier a tourné autour de plusieurs thèmes, entre autres, « la prescription médicale et son impact économique », « la collaboration dans les domaines de conventionnement du médecin traitant ».<