Deux avocats du collectif de défense de la secrétaire générale du Parti des Travailleurs (PT) Louisa Hanoune, Maîtres Mokrane Aït Larbi et Rachid Khane, se rendront demain mercredi au Tribunal militaire de Blida afin d’étudier de
« manière approfondie » le dossier de leur cliente.

Il s’agit entre autres de faire une lecture attentive de la déposition de Mme Hanoune par rapport à l’affaire pour laquelle elle a été initialement convoquée par la justice militaire, en tant que témoin, dans l’enquête ouverte contre les généraux Tartag et Toufik ainsi que Saïd Bouteflika – pour « atteinte à l’autorité de l’Armée et complot contre l’autorité de l’Etat » – avant d’être placée en détention provisoire en date du jeudi 9 mai.
Lorsque les avocats de la secrétaire générale du PT se sont rendus, dimanche 12 mai, au Tribunal militaire de Blida, ils n’ont pas eu le temps suffisant pour examiner « de manière approfondie » le dossier de leur cliente, a indiqué à
« Reporters » Maître Rachid Khane. Le déplacement qu’ils auront à effectuer aujourd’hui, explique ce membre du collectif de défense de Mme Hanoune, leur permettra de mieux préparer leur dossier de défense même s’ils sont « persuadés qu’elle est innocente des charges retenues contre elle».
Il est motivé par le fait que, contrairement à un tribunal civil, dans un tribunal militaire les avocats n’ont pas accès à une copie du dossier du client, que ce soit dans sa partie accusation ou dans celle relative à sa déposition. « Pour le dossier de défense, il nous est permis de prendre des notes uniquement », a expliqué Maître Khane.
Pour sa part, l’avocat Boudjemaâ Ghechir, lui aussi membre du collectif de défense de Louisa Hanoune, qui réfute les accusations retenues contre la cheffe du PT, soulignant que la concernée, quand elle avait rencontré Saïd Bouteflika, frère et ex-conseiller de l’ancien président de la République, « elle l’a fait dans le cadre de ses activités et dans ses prérogatives de responsable d’un parti politique, préoccupée par les développements de crise dans le pays et dans le besoin, donc, de s’informer et de comprendre ». « Dans ce contexte, la rencontre et la discussion que pouvait avoir Mme Hanoune avec Saïd Bouteflika équivalait à répondre à l’invitation ou à la sollicitation d’un conseiller à la présidence de la République encore en poste. Cela ne peut être considéré comme illégal ou suspecté d’être une machination contre l’Etat pour la simple raison qu’au moment de la réunion qu’on lui reproche, Abdelaziz Bouteflika était encore président de la République et son frère encore conseiller », ajoute Maître Ghechir. Et de poursuivre : «Mme Hanoune n’a commis aucun délit. Elle a honoré ses engagement et assumé son rôle de chef de parti, sans capacité de décision, de moyens ou d’intention de comploter contre l’Armée ou l’Etat et ses institutions ». L’avocat précise que, d’après les indications que le collectif de défense a obtenues, Saïd Bouteflika voulait solliciter le point de vue de Louisa Hanoune sur la crise que traverse le pays et son avis sur les solutions à envisager. C’est sur ce principe qu’ils se sont rencontrés et non pour comploter contre l’Etat ». Dimanche 12 mai, Louisa Hanoune a fait appel de la décision du juge d’instruction de sa mise en détention provisoire. Cet appel sera examiné lors de l’audience programmée le 20 mai. « Mme Hanoune est optimiste et le collectif qui assure sa défense l’est aussi », a souligné Maître Ghechir à ce propos. Il s’est réjoui de « l’élan de solidarité » dont bénéficie la secrétaire générale du PT. « La mobilisation pour sa libération ne peut que la réconforter et conforter ses positions d’un leader de parti politique », a-t-il mis en exergue avant de conclure qu’il est « gravissime de tenter de criminaliser l’action politique » dans notre pays.