Les membres de la Chambre d’agriculture de la wilaya de Tipasa (CAW), reconnaissables à leurs casquettes et blousons estampillés à l’effigie de la CAW, sont, comme chaque année depuis 2015 à pied d’œuvre pour aider à l’organisation et l’approvisionnement des deux marchés de solidarité ouverts, la veille, à Tipasa et Fouka durant tout le mois de Ramadhan.

Le président de la CAW Rachid Tolba, du haut de ces 80 ans, le secrétaire général Hamid Bernaoui et toute l’équipe sont chaque jour mobilisés et prêts à donner un coup de main pour décharger la marchandise, organiser son transport des exploitations agricoles vers les marchés et régler tout problème qui se poserait dans cette opération de solidarité ramadhanesque. Organisés en collaboration avec la direction du commerce, qui devait s’acquitter de sa tâche en fournissant d’autres produits de large consommation, les marchés de la solidarité offrent une gamme de légumes et fruits, de la viande blanche, rouge, des œufs et autres produits laitiers venus directement des champs et serres par les fellahs, très enthousiastes à l’idée d’apporter un soutien aux petites bourses. Depuis l’ouverture des deux marchés, à la veille du mois de Ramadhan, les citoyens sont très nombreux à s’y approvisionner puisqu’il a été constaté une baisse de près de 30% des prix des produits proposés, selon Hamid Bernaoui, secrétaire général de la CAW qui n’a pas hésité à proposer un coin du marché gratuit avec des cageots de divers légumes offerts aux visiteurs. L’initiative a été fort bien accueillie par de nombreux citoyens qui pouvaient se servir directement en divers légumes, allant de la très consommée pomme de terre, aux oignons, petits pois, haricots verts, artichauts et autres courgettes et concombres. Hamid Bernaoui, secrétaire général la CAW, qui se fait un plaisir non dissimulé de se mettre au service des autres pendant tout le mois de Ramadhan, explique à « Reporters » que tout le monde présent ici au marché de Tipasa était enthousiaste et se prêtait avec joie à cette action de solidarité. « Cette année, dit-il, nous avons 45 fellahs qui ont accepté de participer au marché de la solidarité. Il y a certains qui seront présents de manière permanente, c’est-à-dire durant tout le mois, et d’autres qui vont y participer de temps en temps, c’est-à-dire qui vont jouer de la rotation, selon leur disponibilité, car ils ne doivent pas abandonner leurs champs et leurs activités. Leur présence est, aussi, liée à la disponibilité du produit qu’ils ramènent de leurs champs et serres ».

« Nous éliminons tous les intermédiaires »
Interrogé sur les prix pratiqués dans ce marché, Hamid Bernaoui expliquera qu’ils seront, forcément, moins élevés que ceux du marché du détail, car, poursuit-il, « nous éliminons tous les intermédiaires, puisque le produit vient du producteur au consommateur directement ». Et d’ajouter que « ce sont les intermédiaires et autres mandataires, collecteurs livreurs qui se sucrent, aussi bien, sur le dos de l’agriculteur que sur celui du consommateur ». Selon lui, ce passage direct, bien sûr, va jouer, sensiblement, sur le prix du produit vendu ici. « La baisse pour le moment, et à notre avis, n’est pas assez sensible car il y a une pression et une forte demande sur certains produits, Ramadhan et boulimie collective obligent ». La baisse est de 30% environ, par rapport au marché de détail, puisque la tomate est vendue à 80 DA, la carotte à 40 DA, l’oignon vert à 25 DA l’artichaut 120 DA, la salade 70 DA, l’ail 45 DA, le poivron 90 DA, le concombre 90 DA, le piment 140 DA, la courgette 60 DA tandis que l’orange est proposés à 140 DA et la fraise à 150 DA. Avec notre participation, ajoutera le secrétaire général de la CAW, « nous espérions vraiment arriver à faire baisser les prix pour aider les petites bourses à s’approvisionner en ce mois de grande consommation. Nous essayons d’innover chaque année, et vous aurez, certainement, remarqué qu’il y a, aujourd’hui, plusieurs fellahs qui ont proposé leurs légumes gratuitement, pour mieux participer à cet élan de solidarité. Cette opération va se poursuivre tout le mois. Pour casser les prix et dire que nous sommes solidaires, la CAW a proposé de les offrir directement aux consommateurs. C’est l’équipe de la Chambre d’agriculture, que vous voyez là, avec leurs casquettes et leurs blousons reconnaissables, qui transporte et met à la disposition des citoyens la marchandise et peuvent même les servir ». Fatma Zohra Benchama, Inspectrice vétérinaire de la wilaya de Tipasa, elle aussi, était de la partie pour s’enquérir et s’assurer de la qualité de la viande blanche et rouge vendue dans ce marché. Sa présence, explique-t-elle à Reporters, s’inscrit dans le cadre du renforcement du contrôle vétérinaire. Nous échangeons quelques mots près de la boucherie ou un éleveur de la région de Menaceur propose son agneau à 1 400 DA le kilo. Au moment de l’entretien, il explique qu’il avait vendu le premier jour du Ramadhan 70 kg de mouton et d’agneau égorgés la veille. Le poulet aussi est présent sur les étals au prix de 250 DA le kilo, vendu entier et en morceaux selon la demande. Fatma Zohra explique que, durant le mois de Ramadhan, pas moins de 40 vétérinaires du secteur public sont mobilisés pour le contrôle de la santé animale dans les abattoirs, les boucheries et autres lieux de vente sans compter qu’ils sont en pleine campagne de vaccination anti aphteuse du cheptel bovin et contre la PPR 5 (la peste du petit ruminant pour l’ovin). Actuellement, dira-t-elle, « la campagne de vaccination a atteint 40% et je dois dire que nous avons au moins un vétérinaire fonctionnaire par bureau communal d’hygiène (BCH), en plus des 5 autres sinon le double de ce chiffre qui sont affectés aux abattoirs de boucherie de Damous, Bourkika, Attatba, Koléa et celui de Gouraya qui ont un débit d’abattage plus élevé durant le mois de Ramadhan. Actuellement, les abattoirs de Gouraya et de Cherchell sont fermés, le premier en raison d’un déversement d’eaux usées à proximité, qui nécessite une petite réparation, et le second est en cours de rénovation par la commune. Celui de Hadjout est, également, fermé car en travaux de réhabilitation. Donc en ce moment, trois boucheries sont fermées. L’abattoir de Bourkika est en adjudication ».

Légère hausse des prix des viandes
« Nous avons, aujourd’hui, 08 vétérinaires opérationnels au niveau des abattoirs ouverts. Les vétérinaires détachés au niveau des BCH contrôlent, eux, les boucheries, les marchands de volaille, les superettes et les magasins d’alimentation générale pour tout ce qui est produit périssables, laitiers et autres. Concernant les tueries avicoles, la wilaya de Tipasa dispose de 14, qui sont opérationnelles et réparties sur tout le territoire de la wilaya de l’ouest à l’est en passant par le centre.14 vétérinaires sont affectés dans ces tueries, quotidiennement, excepté les samedis où les tueries sont fermées pour nettoyage. Nous avons, aussi, comme vous le savez, le contrôle à travers les brigades mixtes du commerce et de la santé, avec deux à trois sorties par semaine, pendant le Ramadhan et la saison estivale où nous renforçons le contrôle à tous les niveaux dans différents secteurs et, en particulier, dans les communes côtières où les estivants sont nombreux ». « Pour ce qui est des prix des viandes, en cette période de grande consommation, il y a une légère hausse, il y a eu ce petit épisode de contamination avec la peste des petits ruminants. La viande était un peu moins disponible pour des raisons sanitaires et de veille à circonscrire la contagion et peut-être, aussi, une peur du consommateur et même des éleveurs qui ont renoncé à s’approvisionner. Durant cette période, le prix a légèrement augmenté et nous avons eu une vingtaine d’agneaux touchés par la PPR durant le pic de contamination. Quant à la fièvre aphteuse, qui touche le cheptel bovin, on a eu quelques cas dans la wilaya mais pas de mortalité du tout, heureusement », conclut l’inspectrice vétérinaire.