Alors que les Etats-Unis durcissent les sanctions contre l’Iran en interdisant, désormais, à tous les pays d’acheter le pétrole iranien, cette décision pourrait provoquer des frictions au sein de l’Opep. L’Arabie saoudite est sur le point de tirer profit de cette décision américaine, se tenant prête à augmenter sa production afin de parer à un quelconque problème d’approvisionnement. Officieusement, le royaume wahhabite entend mettre à profit cette opportunité pour asseoir son hégémonie dans la région, face à un son rival iranien désormais très affaibli, et, par la même, accroître ses approvisionnements en pétrole, alors que les accords conclus par l’Opep et ses partenaires l’obligent à se restreindre à un certain niveau de production. L’Arabie saoudite s’est montrée prête à augmenter sa propre production pour répondre à toutes les demandes d’achat de pétrole reçues en juin, notamment de la part de pays qui ont dû cesser d’acheter du brut iranien. D’autres pays arabes du Golfe Persique disposant de capacités de production inutilisées, à l’instar de l’Iraq, le Koweït vont certainement suivre l’Arabie saoudite. Même si, ce producteur dispose d’une production très flexible lui permettant d’accroître sa production sans dépasser les objectifs de production convenus dans le cadre des accords de l’Opep-non-Opep, conclus le 7 décembre 2018 à Vienne. Ce compromis donnait au royaume un quota de 10,3 millions de barils par jour. En avril, la production était inférieure de 500 000 barils par jour à ce niveau. Ce qui poserait problème à l’avenir est le fait que l’Arabie saoudite dispose d’une importante marge de manœuvre pour augmenter sa production sans dépasser son objectif fixé par les accords de l’Opep, alors que les autres producteurs ne peuvent se permettre un tel luxe, ce qui est de nature à créer des divergences et des frustrations au sein du groupe baptisé Opep. Certains producteurs arabes qui ne sont pas en mesure d’accroître leur offre estiment qu’une hausse des approvisionnements signifie une violation des termes de l’accord sur la limitation de l’offre conclu en décembre. Même si cela ne les empêchera probablement pas de tirer profit des difficultés auxquelles fait face l’Iran. En même temps, ces pays ne veulent pas compromettre les tendances haussières des prix du pétrole qui sont, il faut le dire, une bouffée d’oxygène pour leurs trésoreries très affaiblies par la chute des cours qui a marqué le dernier trimestre de 2018. Ces même pays ont augmenté l’année dernière leur production en prévision du rétablissement des sanctions contre l’Iran, ce qui a contribué, en partie, à la baisse des prix au dernier trimestre de 2018. Cette fois-ci, le risque de rééditer le scénario est grandissant avec la volonté de l’Arabie saoudite de compenser la perte des approvisionnements iraniens. Les pays ne disposant pas d’une capacité de production inutilisée ne feront que constater les probables dégâts que l’unilatéralisme saoudien pourrait provoquer à nouveau.