Dans le cadre des soirées ramadhanesques organisées par l’Office national de la culture et de l’information (ONCI), les mélomanes de la musique hawzi ont assisté, avant-hier soir à la salle Afrique, à un concert exceptionnel donné par l’interprète Samir Toumi.

Un public nombreux, composé essentiellement de familles, a fortement apprécié cette soirée musicale qu’il a qualifiée de « moment magique» en partageant des instants de communion avec leur idole. Le chanteur a débuté la soirée avec une touchia, puis a enchaîné avec un istikhbar dans le genre qsid madih «Ya Lehbab Aslama», poursuivant avec «Anta Sayed» et «Ahsen ma youqal aàndi».
La soirée a ensuite pris une tournure de fête lorsque l’artiste a interprété des chants typiquement festifs réclamés par les présents, dans une ambiance ramadhanesque joyeuse et conviviale. L’artiste entame ainsi une dizaine de chansons puisées du répertoire de grands chanteurs de ce patrimoine séculaire, comme «El Casbah wa ana wlidha», «Hiya hiya» ou encore «Zinek hawalni». Le chanteur a ainsi voulu satisfaire ses fans en chantant les titres demandés, telle que «Nhebek Ya Sarah», une chanson qui a envouté le public et l’a mis en transe. Inégalable dans le chant hawzi, Samir Toumi a, comme de coutume, séduit les présents qui ont passé un moment agréable ponctué de youyous, résonnant de part et d’autre de la salle Afrique, accompagnés de forts applaudissements.
En marge du spectacle, Samir Toumi nous affirmera, à propos de sa programmation et majoritairement durant le mois béni, que «j’aurai aimé qu’on pose la question aux personnes concernées, moi en tant qu’artiste, je n’ai pas de réponse et j’aurais aimé me produire pendant toute l’année. Il faut voir avec la tutelle et avec les gens qui s’occupent de la programmation et de l’organisation des spectacles durant le reste de l’année». Concernant, la situation actuelle de la chanson hawzi, le chanteur dira que «notre musique est ancestrale et tout ce qui est lié à la tradition ne meurt pas. Car ces genres musicaux ont un grand public qui existe depuis des siècles et continue à exister aujourd’hui. C’est un public raffiné, familial et mélomane qui existera toujours». Il souligne toutefois que «ce public veut bien voir ses artistes préférés au-delà du mois de Ramadhan, car donner à un artiste deux soirées durant toute l’année est insuffisant pour répondre aux attentes des mélomanes». Dans ce sillage, le grand interprète de musique hawzi nous confie qu’il n’est pas programmé pour d’autres soirées durant ce mois de Ramadhan, en nous expliquant que «c’est la seule soirée pour laquelle on m’a sollicité».
Par ailleurs, abordant ses projets artistiques : «Je suis sur un nouvel album qui sortira dès le début de cet été.» Interrogé sur le titre de ce nouvel album, Samir Toumi nous explique «je n’ai jamais donné de titre à mes albums, car cela dépend de ce qu’aiment les gens et de ce qu’ils veulent consommer». Il nous précisera toutefois que «cet album comportera une moitié algéroise et l’autre se composera de chansons kabyles revisitées ». Et de conclure : «J’ai repris les anciennes chansons que le public aime et je voulais surtout rendre hommage à
Zarouki Allaoua et Matoub Lounès».