Le marché mondial du gaz a connu une année «remarquable» en 2018, selon le dernier rapport du centre international d’informations sur le gaz naturel (Cedigaz).
Intitulé «The Global Gas Market- 2019 Edition », le document précise que les Etats-Unis se sont particulièrement distingués, en pesant près de 50 % de l’augmentation mondiale de la consommation et de l’offre gazière, alors que la Chine, a majoritairement contribué à la hausse de la demande grâce à la transition vers plus de gaz. Par rapport à 2017, la demande globale de gaz a augmenté d’environ
4,6 %, soit 170 milliards de m3, profitant de l’expansion d’une croissance mondiale substantielle de la demande mondiale d’énergie, tirée par une économie mondiale robuste et des conditions climatiques extrêmes. Et les choses ne sont pas près de changer puisque selon une étude de la société norvégienne de classification maritime DNV GL, la demande va continuer à croitre.
En 2026, le gaz deviendra la principale source d’énergie du monde. Quelle opportunité cela représente-t-il pour l’Algérie ? Le pays devrait se frotter les mains, d’autant plus que la production de pétrole est en baisse constante. Mais encore faut-il que Sonatrach soit en mesure d’investir plus dans l’amont gazier, et de conserver sa place sur la scène énergétique mondiale.
Le manque d’investissement en amont n’est que l’un des défis auxquels l’Algérie est confrontée dans son secteur de l’énergie et au-delà. Selon un autre rapport élaboré par Cedigaz, l’Algérie est face à « des choix difficiles, comme le montre l’interaction entre son secteur de l’énergie et ses défis et opportunités politiques et économiques ».
Le document met en exergue les contraintes que la crise financière fait peser encore sur l’industrie des hydrocarbures en Algérie, un secteur qui souffre depuis plusieurs années de sous-investissement en raison de conditions budgétaires difficiles, et du climat des affaires… Le rapport souligne également que le pays doit intensifier ses efforts pour relancer son secteur pétrolier et gazier, avec de nouveaux projets, éviter le déclin de la production à long terme dans les champs matures, tout en satisfaisant la demande intérieure de gaz, qui ne cesse d’augmenter, et en respectant ses engagements d’exportation sur le marché international. Sachant que ses réserves de gaz naturel entreront, dans les prochaines années, dans une phase de déclin, le pays n’a pas d’autres choix que d’investir davantage dans ce secteur pour les reconstituer.
Cela reste tout de même insuffisant, et l’Algérie doit batailler longuement pour voir comment faire progresser ses activités dans la chaîne des valeurs dans le secteur gazier à l’échelle internationale. Rien n’est définitivement acquis sur ce marché et les places seront très chères, car de nouveaux fournisseurs de gaz y ont pris pied. Les Etats-Unis en font partie. Leur gaz de schiste livre une féroce concurrence au gaz naturel algérien sur les marchés européens. Son prix étant plus abordable, certains des clients de l’Algérie, dont le Portugais Galp Energia ont déjà passé des commandes de schiste américain. L’Algérie n’ayant pas le poids géostratégique des Etats-Unis perd ainsi des parts de marché au profit des Américains. Les opérateurs américains tout comme les Qataris ont pour seul objectif de vendre le plus de volumes de gaz possibles à des prix bas. L’Algérie ne peut pas faire pareil !