La saison estivale 2019 est à nos portes, mais elle semble d’ores et déjà compromise. Les promesses des pouvoirs publics pour en faire une réussite n’ont pas suffi, semble-t-il, pour rassurer les professionnels du secteur touristique, qu’ils soient gérants d’agences de voyages ou d’infrastructures hôtelières. D’après des agences de voyages, leur business n’a jamais été aussi mauvais que ces derniers temps.

Depuis le début, en fait, des manifestations populaires et l’amorce de la conjoncture politique actuelle. Déjà, déplorent-elles, la saison saharienne a été un fiasco pour ces même raisons, alors que cette dernière avait démarré sous de bons auspices. La demande sur le Sahara a baissé d’un cran, mettant les agences de voyage dans une position financière délicate. Comme dernier recours, elles étaient obligées de vendre la majeure partie de leur billetterie réservée pour les séjours dans le sud du pays et annuler leurs réservations hôtelières engagées pour les vacances d’hiver et de printemps. Les hôtels publics ont également beaucoup perdu de leurs clients, plus de 70% au niveau national et à 90% au niveau de la capitale, tandis que l’hôtellerie privée semble avoir été boudée par 40% de sa clientèle habituelle. Il s’agit surtout des hôtels urbains dont la plupart des clients sont des hommes d’affaires. Ces derniers, en raison de la situation que traverse le pays et les manifestations répétées du Hirak populaire, ont considérablement ralenti leurs déplacements sur Alger notamment. Ce qui a affecté le chiffre d’affaires de ces établissements. Pour ce qui est de la saison estivale 2019, les agences de voyages de même que les infrastructures hôtelières d’ailleurs, l’appréhendent avec inquiétude.
La demande est toujours en baisse, selon les agences de voyage, en dépit des offres à des prix compétitifs qu’elles proposent pour les vacances d’été. «D’habitude, nous faisons des offres également pour le mois de Ramadhan ainsi d’ailleurs que pour la Fête des travailleurs. Mais la demande étant au point zéro, nous avons été obligés de passer outre pour nous concentrer sur la saison estivale. Mais vu la situation du pays, nous sommes plutôt pessimistes.
Les Algériens ont d’autres préoccupations actuellement que de penser aux vacances », confient des agences de voyage à Alger. Pour les destinations étrangères, telles que la Turquie et la Tunisie, ces dernières sont obligées d’effectuer, dès à présent, les premiers virements pour le paiement de l’hébergement, notamment. Dans le cas où la demande n’évoluera pas, ces agences risquent de perdre gros car, une fois les virements effectués, elles ne peuvent pas récupérer leur argent.
Des agences de voyage ont décidé, pour éviter de perdre encore plus d’argent, de ne pas travailler tout simplement durant la saison estivale. Pour ces dernières, la saison estivale est compromise en raison de
l’élection présidentielle prévue le 4 juillet. Une date fixée en plein haute saison. Concernant les infrastructures hôtelières, le secteur public compte proposer des prix abordables pour attirer le maximum de clients bien que cela ne l’arrange pas vraiment. Le directeur général du groupe GHTT, rappelle-t-on, avait fait part des difficultés à rembourser les crédits auprès des banques, tout en assumant les chargés des employés et l’entretien des infrastructures. Sans oublier les opérations de réhabilitation engagées. Il avait annoncé, d’ailleurs, l’inauguration de plusieurs complexes touristiques publics pour la saison estivale de cette année sur le territoire national qui étaient en réhabilitation. Le secteur privé, quant à lui, prévoit également des tarifs promotionnels et des formules de séjours pour les familles et les couples à des prix compétitifs. Ce dont doutent, cependant, certaines agences de voyages. Car d’après elles, des hôtels privés proposent des séjours de trois jours à 15 000 DA, alors qu’en Tunisie, ces types de séjours sont à 10 000 DA.<