Le prévenu répondra uniquement aux charges retenues contre lui dans une affaire de foncier et de transaction immobilière. L’affaire des 701 kilos de cocaïne qui le concerne n’est pas encore «enrôlée». L’affaire de Kamel Chikhi alias Kamel El Boucher sera jugée le 22 mai prochain au tribunal correctionnel de Sidi M’hamed d’Alger. Le prévenu devra répondre du dossier des conservateurs fonciers et des actes de propriété relatifs à sa société immobilière. En détention provisoire depuis le printemps 2018, M. Chikhi est poursuivi avec 12 autres prévenus dans 4 affaires, dont celle du trafic de cocaïne qui «n’est pas encore enrôlée», est-il précisé de source judiciaire. L’ex-ministre de la Justice Tayeb Louh avait indiqué que l’enquête instruite dans l’affaire de saisie de plus de 700 kg de cocaïne au port d’Oran avait révélé l’implication de plusieurs personnes dans des faits liés à la corruption et pots-de-vin versés en contrepartie de facilitations. En effet, depuis le début, Kamel El Boucher a fait parler de lui en des termes spectaculaires qui dépassent de loin l’accusation principale retenue contre lui, à savoir le narcotrafic et l’importation par bateau et à partir d’un port brésilien d’une cargaison de plus 700 kilos de cocaïne arraisonnés au port d’Oran. Cette affaire, déjà unique dans les annales de la justice spécialisée dans la lutte antidrogue, a révélé de présumées connexions maffieuses entre le monde des affaires auquel appartient le principal et présumé coupable – un ancien de la boucherie industrielle et du bâtiment – et celui de la politique. Dans son sillage, un ancien patron de la Gendarmerie nationale a été limogé, l’ex-patron de la police Abdelghani Hamel a été entendu le 2 mai dernier par le Procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed à Alger. L’enquête préliminaire s’est soldée par le déférément de suspects devant la justice pour corruption et pots-de-vin versés en contrepartie de facilitations au profit du principal accusé dans l’affaire de cocaïne, mais dans le cadre d’une autre mission et d’une autre activité (promotion immobilière), est-il encore indiqué de source judiciaire. <